31e Festival des films du monde - Silence sur l'Holocauste
Mots clés : Holocauste, 31e Festival des films du monde, Cinéma, Festival et fête, Québec (province), Montréal
On prend le pouls du patient, chaque jour, pour évaluer ses signes vitaux. Bon! Le Festival des films du monde semblait avoir pris des forces hier et mangeait sa soupe. Les sièges de l'Impérial étaient moins dégarnies qu'au milieu de la semaine. Mais dans l'ensemble, la manifestation s'essouffle inexorablement, bon film, mauvais film.
Claude Miller est un vieil habitué du FFM et un cinéaste français prolifique, abonné à «un cinéma de qualité», parfois terrifiant (La Classe de neige), parfois magistral (Garde à vue, Mortelle randonnée), posant çà et là un regard aigu et tendre sur la marginalité et la jeunesse (L'Effrontée, La Petite Voleuse).
Claude Miller, tout comme l'écrivain Philippe Grimbert, ont été élevés dans l'ombre du génocide. La plupart des oncles et tantes du cinéaste ont péri gazés dans les camps de concentration. D'où leurs atomes crochus.
Et le film? Classique et beau, bien joué surtout, avec une distribution de haut vol. Des habitués, notamment Ludivine Sagnier (même le Québécois Yves Jacques y tient un petit rôle). Mais les acteurs dirigés pour la première fois par Miller sont les plus flamboyants: Patrick Bruel et Cécile de France, en amoureux au centre du récit. Le film chevauche plusieurs époques: l'Occupation, l'après-guerre, la France contemporaine. Les héros sont juifs, le couple adultère, hanté par un remords atteignant la déportation de la première épouse et du premier fils. Ils s'emmureront dans un silence que leur fils (Mathieu Almaric) devinera et percera.
Le film ne cherche pas la virtuosité mais démontre une fois de plus le talent de direction d'acteurs de Miller, au service de l'émotion et du récit. La nature, omniprésente, confère une poésie au climat de désir et de souffrance. Les segments s'emboîtent bien, quoique la partie moderne en noir et blanc soit plus affectée. Mais Un secret demeure fluide et émouvant, sans bouleverser comme Le Pianiste de Polanski, chevauchant plutôt les mensonges, les passions secrètes, les malheurs étouffés, les bonheurs coupables. L'entre-deux mondes en marge de l'enfer.
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En compétition, Père d'Ivan Solovov se déroule aussi au cours de la Deuxième Guerre mondiale, inépuisable source d'inspiration, en Russie cette fois, après la lutte contre l'Allemagne. Il s'agit aussi d'une adaptation littéraire, celle de la nouvelle Le Retour d'Andreï Platonov. Écrite en 1945, interdite en 1946 en Russie, maintenant portée à l'écran. Solovov brosse avec finesse le portrait d'un homme de combat (Alexandre Gousskov) qui part retrouver femme et enfants et tente tant bien que mal de réintégrer la vie civile mais trébuche sur sa jalousie et ses peurs. Le personnage du petit garçon trop raisonnable est particulièrement vivant. Sans brûlantes étincelles, ce film s'affirme comme une oeuvre de subtilité, tant dans le traitement de l'image qu'à travers sa belle musique et le jeu tout en retenue des comédiens. Le dénouement à gros sabots ne parvient pas à casser le climat.
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C'est le populaire Ben X du Belge Nic Balthazar, chouchou des foules, qui constituera le film-surprise de 10h, lundi matin au cinéma Impérial.
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Il me reste quatre films à voir en compétition et Le Devoir ne publie pas pendant deux jours en raison de la fête du Travail. Voici quelques prédictions à prendre avec un grain de sel.
- Grand Prix des Amériques: Ben X de Nic Balthazar.
- Prix spécial du jury: Un secret de Claude Miller.
- Prix de la meilleure mise en scène: Go Go Tales d'Abel Ferrara.
- Prix d'interprétation masculine: Tomás Almeida dans L'Autre Marge de Luís Filipe Rocha.
- Prix d'interprétation féminine: Anne-Marie Cadieux dans Toi de François Delisle.
- Prix du meilleur scénario: L'Autre Marge de Luís Filipe Rocha.
- Prix de l'innovation: Ben X de Nic Balthazar.
Vos réactions
Quel beau film ! - par Yves Babin (ybabin@videotron.ca)
Le samedi 01 septembre 2007 11:00

