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Une curieuse perception du monde

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Vincent Partensky
Envoyé Le vendredi 31 août 2007 12:00



Lorsque le premier ministre australien, John Howard, affirme, à propos de l'accord de Kyoto que «Ce qu'il faut faire, c'est trouver un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre sans qu'il y ait un prix à payer sur le plan économique», il cristalise, à mon avis, les craintes injustifiées de bien des néo-libéraux.

Cette réflexion s'inscrit, en effet, dans un schème de pensée qui oppose systèmatiquement le développement économique à la protection de l'environnement. Elle parait directement issue du paradigme libéral de la "main invisible", voulant que, par le truchement de l'offre et de la demande, le marché arrive toujours naturellement à un état d'équilire bénéfique pour toutes les parties. En vertu de ce principe, toute tentative de réglementation des activités économiques est forcément néfaste, puisqu'elle entrave l'action de la "main invisible".

Il est intéressant de noter que l'école libérale, qui a vu le jour au début du siècle, à perdu sa popularité après des événements comme le fameux crash boursier des années 30. On peut aussi constater les résultats des politiques économiques néo-libérales appliquées aux États-Unis depuis quelques années.

Il semble évident que la lutte pour la préservation de notre environnement nécessite des changements dans les activités humaines, et que ces changements auront des impacts économiques. Ce qui semble beaucoup moins évident, c'est que ces changement auront des impacts négatifs sur la croissance économique. Si certains y perdent, comme par exemple les compagnies productrices de pétrole et de voitures utilisant des combustibles possibles, il est probable que d'autres en bénéficieraient, comme les compagnies productrices d'énergies renouvelables ou de véhicules utilisant ces dites énergies.

D'autre part, le paradigme capitaliste de la croissance économique constante se heurte aujourd'hui a une autre réalité : l'économie est comprise dans un ensemble plus vaste, la planète terre, qui a ses limites et commence à montrer des signes de saturation, notamment sur les plans démographiques, économiques et environnementaux.

La "menace" économique réelle ne parait donc pas être celle d'une décroissance, mais plutôt la nécessité d'une
réorganisation globale. Est-ce donc cela qui fait si peur aux membres de l'AP-6?

La peur du changement est une réaction naturelle chez l'homme, mais la politique de l'autruche engendre rarement de bons résultats...

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