Vos réactions

Facile à dire...

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

lise jacques
Envoyé Le vendredi 31 août 2007 09:00



Il est bien facile de dire que le gouvernement fait ceci ou cela quand dans les faits il ne fait pas grand chose pour contrer cette pollution de nos cours d'eau. Il a été prouvé par différents groupes d'étude que nos pratiques agricoles et d'élevage principalement nos mégas porcheries sont à repenser si on veut améliorer la situation.

Quand on y regarde de plus près on réalise effectivement que ce qu'avance Greenpeace est fondé, on peut lire tout un rapport sur la pollution de nos cours d'eau au Québec qui a été produit par l'organisme Eau Secours. Je fais plus confiance à des études indépendantes qu'à ce qu'essaie de nous faire croire le gouvernement libéral pour s'excuser de son inertie.


Quelques exemples;

- L'élevage du porc est fort polluant; la fabrication d'un kilo de viande produit 23 kilos de fumier. Lorsque cet engrais est répandu sur les terres, l'azote et le phosphore qu'il contient s'infiltrent et s'écoulent dans les rivières.

- Les déjections produites par l'engraissement de 7,500 cochons pendant cinq mois représentent l'équivalent des eaux usées dans une ville de 80,000 habitants.

- Chaque année, les fermes porcines laissent dans la nature neuf millions et demi de mètres cube de lisier, soit l'équivalent de quatre stades olympiques remplis.

- Au Québec, plus du tiers des terres agricoles démontrent déjà des signes avant-coureurs de stérilité, nous dit Hugo Latulippe sans son fillm « Bacon », un documentaire qui jette un regard très critique sur les méthodes de l'industrie porcine et sur les politiques du gouvernement. C'est aussi une parabole pour dénoncer les ravages de la mondialisation, explique le cinéaste.


Selon un rapport paru en janvier 2007 et qui fait le portrait de la situation de la production porcine au Québec, par le comité permanent de recherche et de sensibilisation de la coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau, la gestion liquide des déjections constitue un premier élément ayant un impact négatif sur la qualité de l'eau. De mauvaises pratiques d'épandage, couplées à des pratiques agricoles qui ne permettent pas de limiter l'érosion hydrique, provoquent le rejet dans les milieux aquatiques d'éléments tels le phosphore, et l'azote ainsi que le rejet de résidus de médicaments, de pesticides et de pathogènes.

Selon ce même rapport, les normes de protection des bandes riveraines n'ont fait que diminuer au fil des ans et ce, même si toutes les recherches même tendent à démontrer leur efficacité pour la protection des cours d'eau et qu'elle soit de largeur suffisante. Au Québec, les cours d'eau ne sont pas suffisamment protégés au niveau de la mise en place de bandes riveraines en milieu agricole.

L'impact sur la qualité de l'eau de l'usage des pesticides.

« La contamination des cours d'eau par l'agriculture découle également de l'usage des pesticides. Puisque la production porcine est très liée à la culture du maïs (transgénique par surcroit) et que cette dernière constitue la culture consommant le plus de pesticides au Québec, il est nécessaire de considérer la question de l'impact sur la qualité de l'eau des pesticides utilisés en lien avec la production


La protection des eaux souterraines

Un règlement sur le captage des eaux souterraines a été adopté en 2002. L'article 27 vise plus spécifiquement la protection face à la l'épandage des déjections animales. Il précise qu'une municipalité peut interdire l'épandage des déjections animales, si lors de deux contrôles séparés d'un certain intervalle, la concentration en nitrates de l'eau excède 5mg/L. Les municipalités n'ont donc aucun pouvoir d'agir tant que cette concentration n'est pas atteinte. Autrement dit, elles ne peuvent intervenir pour protéger leur source d'eau potable avant que la moitié de la norme autorisée ne soit dépassée sur une période assez longue. Voilà une belle occasion ratée pour se prévaloir du principe de précaution!

La Loi sur la qualité de l'environnement

Les articles 31,1 et suivants de la Loi sur la qualité de l'environnement du Québec précisent les critères d'assujettissements des projets de production animale à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement. Ces critères devraient être revus puisque depuis 25 ans, aucun projet de production porcine n'a été examiné.

Le manque d'imputabilité, de suivi et de contrôle

Un autre élément qui intervient dans l'impact de la production porcine sur la qualité de l'eau est le manque de suivi, d'imputabilité et de contrôle de la part du gouvernement.
La norme phosphore et les actions entreprises par le gouvernement en 2004 -2005 sont insuffisantes pour bien protéger l'eau. Ceci dit, non seulement sont -elles insuffisantes, mais en plus, il n'y a que peu de suivi et de contrôle relativement à leur application par les producteurs. Nous nous fions donc, pour protéger l'eau, à des normes insuffisantes dont le respect n'est pas assuré.

Le suivi et le contrôle par les inspecteurs sont insuffisants pour plusieurs raisons. D'abord les budgets qui y sont consacrés sont trop faibles. Ensuite, le contrôle ne se fait souvent que par plainte du citoyen. Il y a également un laxisme de la part du gouvernement lorsque vient le temps de faire face à un exploitant qui ne respecte pas les normes et les règlements. Le gouvernement choisit plutôt de donner du temps au producteur et bien souvent, assure un suivi technique et financier, pour lui permettre de « s'adapter » à des normes déjà en vigueur.

Par ailleurs, un autre élément vient s'ajouter au problème c'est celui de la responsabilité accrue donnée aux agronomes dans la détermination et le suivi du respect des quantités de phosphore pouvant être épandues sur une exploitation. Le gouvernement s'est dégagé de certaines ses responsabilités pour les remettre dans les mains d'agronomes dont le salaire est versé par l'exploitant. L'agronome a même la responsabilité de veiller à ce que celui qui le paie respecte les normes en vigueur. Il est bien évident qu'un agronome dans ces conditions, n'est pas dans une position ou il peut facilement garantir, à la place du gouvernement, le respect des normes en vigueur et, par conséquent, le respect de la qualité de l'environnement et de l'eau.

AUTRES ÉLÉMENTS LIÉS À LA PRODUCTION PORCINE AU QUEBEC QUI ONT UN IMPACT NÉGATIF SUR L'EAU.

Les politiques financières du MAPAQ et de la Financière agricole.

La façon dont l'agriculture s'est modernisée et développée au Québec a été influencée de façon décisive par les programmes gouvernementaux de politique agricole. Il est donc légitime de penser que c'est également par le truchement des programmes gouvernementaux de politique agricole qu'il sera possible de modifier les modes de production actuels, par exemple, en influençant les producteurs, à l'aide de programmes de financement gouvernementaux, vers une agriculture plus diversifiée et des pratiques agricoles plus durables. Mais c'est tout le contraire qui se produit.

On peut se demander pourquoi le gouvernement a choisi de financer l'adaptation des productions sur fumier liquide aux normes environnementales plutôt que la conversion vers des productions sur fumier solide dont les impacts environnementaux sont bien moins grands. Les programmes d'assurance récoltes et de soutien au revenu basent les compensations sur les volumes de production et ne portent aucune attention à la diversification des productions, la rotation des cultures, la préservation des bandes riveraines, etc. Et ils portent encore moins d'attention au soutien d'une agriculture biologique, alors que c'est la meilleure façon de protéger notre environnement. De plus, le demande est sans cesse grandissante. En fait, une grande proportion des produits biologiques achetés au Québec est importée, alors que nous exportons des porcs dont la production ruine notre environnement et notre eau!






Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com