Le PLC est près de la victoire mais manque d'idées, dit son sondeur
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Saint John's, T.-N.-L. -- Le Parti libéral du Canada peut aspirer à former le prochain gouvernement, mais seulement s'il met sur la table des politiques novatrices, des idées rafraîchissantes, de nouveaux visages et un message simple, a prévenu hier le sondeur du parti.
M. Marzolini a présenté ses conclusions hier, lors de la dernière journée d'une retraite de deux jours pendant laquelle députés et sénateurs ont peaufiné leur stratégie pour l'automne.
Il a ensuite déclaré aux journalistes que le taux d'approbation du premier ministre Stephen Harper est artificiellement élevé et qu'il s'appuie sur des fondations instables que les libéraux pourront exploiter s'ils jouent bien leurs cartes.
Il a aussi déclaré que les libéraux ne pourront pas se contenter de critiquer M. Harper et les conservateurs. «Il ne faut pas seulement pousser, il faut aussi tirer, a-t-il dit. Il faut donc mettre en avant des solutions positives tout en expliquant ce qui ne va pas avec les gens que vous souhaitez remplacer.»
M. Marzolini n'a pas voulu dévoiler aux journalistes les résultats de ses analyses, mais, selon certains députés, il leur aurait dit que 62 % des Canadiens sont satisfaits de la performance de M. Harper, tandis que 50 % d'entre eux ne savent pas quoi penser de M. Dion, qui a pris la direction du PLC à la fin de 2006. Des 43 % qui connaissaient quelque chose du chef libéral, 28 % voyaient en lui un écologiste et 14 % pensaient qu'il est intègre.
M. Marzolini aurait aussi expliqué aux députés que le taux d'approbation des conservateurs est gonflé artificiellement par leurs appuis en Alberta, où ils pourraient facilement rafler tous les sièges. Mais à l'extérieur de cette province, libéraux et conservateurs seraient à égalité.
M. Marzolini aurait enfin déclaré que, si les Canadiens ne font pas entièrement confiance à M. Harper, ils ne sont pas non plus séduits par les libéraux. La population souhaiterait que le PLC lui présente de nouveaux visages et de nouvelles idées, et non seulement du matériel réchauffé des époques de Jean Chrétien et Paul Martin.
L'environnement, les soins de santé et l'économie sont les trois principales préoccupations des Canadiens, a dit M. Marzolini.
«Développer une politique qu'on peut comprendre et la communiquer est un défi, a dit le leader adjoint du parti, Michael Ignatieff. Marzolini nous dit de développer cette politique, de ne rien compliquer, de nous assurer que les Canadiens la comprennent et que ça nous mènera loin parce que les Canadiens ne croient pas Stephen Harper au sujet de l'environnement.»
Pour sa part, M. Dion a reconnu que les libéraux doivent développer davantage leurs politiques et simplifier leur message. Il a toutefois prévenu que la nouvelle plateforme libérale ne sera pas présentée avant les prochaines élections.
M. Dion a enfin indiqué qu'il profitera du premier jour de l'opposition, lors de la reprise des travaux parlementaires, pour présenter une motion demandant la fin de la participation canadienne aux opérations de combat en Afghanistan en février 2009.
M. Dion a plus tard précisé qu'il reviendra au premier ministre Harper de décider s'il fait de la motion un vote de confiance, ce qui pourrait entraîner la chute du gouvernement.

