Des discussions avec les talibans ne figurent pas à l'agenda du général Laroche

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PC
Édition du vendredi 31 août 2007

Mots clés : Forces nationales de sécurité afghanes, général Guy Laroche, talibans, Gouvernement, Forces armées, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)

Kandahar, Afghanistan -- L'amorce de négociations avec les talibans pour tenter d'apaiser les tensions en Afghanistan, à défaut de rétablir la paix, ne figure pas au programme de l'armée canadienne, a indiqué hier le brigadier général Guy Laroche.

«Je ne parle pas aux talibans», a déclaré le commandant de la Force opérationnelle interarmées de l'Afghanistan au cours d'un entretien accordé depuis le quartier général des forces canadiennes à la base multinationale de Kandahar.

Le brigadier général convient que l'intervention militaire seule ne parviendra pas à ramener l'ordre et la paix dans un pays ravagé depuis plus d'une génération par la guerre, les rivalités tribales et l'ambition des seigneurs de la guerre. Il est aussi d'avis que la solution au rétablissement d'une paix durable dans le pays passe nécessairement par un règlement de nature politique.

En cela, le commandant Laroche partage l'opinion formulée récemment à Kaboul par le major général américain Robert Cone.

Responsable de l'entraînement des Forces nationales de sécurité afghanes (FNSA) -- qui comprennent l'armée et la police --, le commandant Cone a affirmé que les opérations armées à elles seules avaient peu de chances de rétablir de façon durable la paix en Afghanistan.

«L'intervention militaire aura un impact significatif sur l'issue du conflit, mais en réalité, c'est par un règlement politique que se règlent la plupart des insurrections», a laissé tomber le haut gradé américain, dont les propos ont été rapportés par l'agence Associated Press. La nécessité d'unir les factions afghanes ne fait pas de doute aux yeux du brigadier général Laroche. La gamme des interlocuteurs est large mais les talibans n'en font pas partie, a-t-il fait comprendre. «Comme tel, je ne sais pas qui ils sont», a souligné le commandant canadien au sujet des leaders talibans.

«Mais j'ai des discussions avec le gouvernement, le chef de la police [de la province de Kandahar], l'Armée nationale afghane [ANA] et l'ensemble des acteurs de la société de ce pays», a-t-il expliqué.

À plus petite échelle, les soldats du Royal 22e Régiment déployés depuis le début de l'été en théâtre d'opération font aussi «beaucoup d'action politique» pour tenter d'unir dans un même esprit de reconstruction les populations des districts de Zhari-Panjwaii, mais «c'est très difficile», a-t-il avoué.

«Je crois qu'il nous faut demeurer patients. Nous allons voir des progrès, j'en suis sûr. Bien entendu, les progrès ne sont jamais assez rapides, mais oui, je suis optimiste», a-t-il insisté. Après des années de présence militaire internationale, les talibans continuent à opposer une résistance farouche aux troupes de l'OTAN, pourtant mieux équipées et mieux armées.

Redoutant un enlisement, certains observateurs occidentaux croient que le moment est venu d'entreprendre des pourparlers de paix avec les leaders talibans, mais ces derniers continuent de refuser l'autorité du gouvernement de Hamid Karzaï.

Du reste, la plupart des gouvernements en Occident répugnent à l'idée d'accréditer des négociations avec un groupe associé à l'idéologie d'al-Qaïda.

Pour l'heure, le mouvement des étudiants en religion est loin de s'essouffler alors que les attaques, les attentats et les embuscades sont menés à un rythme régulier, particulièrement dans le sud du pays, où sont déployés les soldats canadiens.

Depuis 2002, 70 militaires canadiens ont perdu la vie sur les terres arides de l'Afghanistan. Uniquement au cours des trois dernières semaines, le Canada a perdu trois soldats dans l'explosion d'engins.


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