Accommodements raisonnables - Charest veut éviter les débordements

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PC
Édition du mardi 28 août 2007

Mots clés : commission Bouchard-Taylor, Jean Charest, Accommodements raisonnables, Culture, Gouvernement, Québec (province)

Armagh -- Jean Charest demande aux Québécois de ne pas souffler sur les braises de la délicate question des accommodements raisonnables.

Disant n'accorder aucune importance à un sondage publié hier matin et qui démontre l'inquiétude de la population à l'égard de cette question, le premier ministre a affirmé qu'il faut éviter de monter ce débat en épingle.

«Il faut qu'on soit assez mature comme société pour éviter d'aller souffler sur les braises, ce n'est pas ça qu'on veut», a averti M. Charest, qui était de passage à Armagh, dans la circonscription de Bellechase.

«Il faut éviter d'essayer d'exploiter l'enjeu. Moi, je pense que, là-dedans, il y a un enjeu fondamental pour l'avenir du Québec, sur le genre de société que nous voulons», a-t-il précisé, conseillant aussi aux Québécois de ne pas «grossir le débat».

Jean Charest estime qu'il faut laisser le temps à la commission Bouchard-Taylor, mise sur pied pour étudier la question, de faire son travail.

«Je pense que tout le monde a intérêt à ce qu'on puisse permettre un dialogue ouvert, avec un peu de recul, afin de faire la part des choses dans ce dossier», a insisté le premier ministre, selon qui «il y a beaucoup de l'avenir du Québec qui se joue là-dedans».

Il a évité de blâmer le vice-président de la commission, Gérard Bouchard, qui a soulevé une controverse après avoir laissé entendre, dans une entrevue, que l'auditoire des réseaux de télévision TVA et TQS n'était pas suffisamment bien informé pour saisir les nuances dans le dossier des accommodements raisonnables.

«La formule choisie par M. Bouchard n'était pas la meilleure. Il l'a reconnu lui-même. Maintenant, il faut donner l'occasion à la commission de faire son travail», s'est contenté de répondre M. Charest, qui avait été questionné sur la déclaration de l'intellectuel.

Puis il a complètement écarté les conclusions d'un sondage CROP révélant que les trois quarts des Québécois craignent un dérapage dans le dossier des accommodements raisonnables.

Le sondage, mené du 17 au 20 août, indique aussi que seulement 28 % des répondants croient que les audiences de la commission mise sur pied par le gouvernement Charest permettront d'apaiser les tensions liées à cet enjeu.

«Ces sondages-là, moi, ça me dit rien. Je ne me fie pas à ces sondages-là parce que ça n'apporte rien au débat», a-t-il laissé tomber sèchement.

«De toute façon, je n'ai jamais pensé que la commission constituait une solution. Elle a été mise en place pour aider les Québécois à mieux faire la part des choses dans le débat, et ensuite ce sont les Québécois qui trouveront des solutions», a ajouté le premier ministre.

Le sondage CROP sur les accommodements raisonnables a été réalisé auprès de 601 répondants; sa marge d'erreur est de 4 %, 19 fois sur 20.

Jean Charest a cherché à calmer le jeu sur cette délicate question alors que la commission Bouchard-Taylor a entrepris ses audiences vendredi dernier, à Montréal.

Par ailleurs, le premier ministre se rendait à Armagh hier pour annoncer la concrétisation prochaine de deux projets d'infrastructures sportives sur le territoire de la MRC de Bellechasse.

L'aide gouvernementale de près de deux millions de dollars permettra l'aménagement d'une piste cyclable et d'un terrain de soccer.


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