Publication de nouvelles lettres - Mère Teresa doutait de l'existence de Dieu

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du lundi 27 août 2007

Mots clés : Dieu, Mère Teresa, Religion, Inde (pays)

Des Missionnaires de la Charité ont souligné ce week-end, en Inde, le 10e anniversaire de la disparition de leur fondatrice, Mère Teresa, Prix Nobel de la paix 1979.

Photo: Agence Reuters

New York -- Mère Teresa, qui pourrait être canonisée, a souffert dans sa foi tout au long de sa vie et même douté de l'existence de Dieu, selon de nouvelles lettres qui viennent d'être rendues publiques.

«Jésus a un amour tout particulier pour vous. Pour moi, le silence et le vide sont si importants que je regarde et ne vois pas, que j'écoute et n'entends pas», avait-elle écrit en 1979 à un confident, le pasteur Michael Van Der Peet.

Les lettres, que Mère Teresa voulait voir détruites pour certaines, paraîtront dans Mother Teresa: Come Be My Light (Mère Teresa: viens, sois ma lumière), qui doit être publié la semaine prochaine, dix ans après sa mort. Des extraits de ce livre sont publiés dans la dernière édition du magazine américain Time.

Dans plus de 40 lettres rédigées au cours de 66 années, la religieuse catholique d'origine albanaise qui s'est consacrée à l'aide aux pauvres et aux mourants dans les bidonvilles de Calcutta en Inde, écrit sur «l'obscurité», la «solitude» et la «torture» qu'elle traverse.

«Où est ma foi -- tout au fond de moi, où il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité -- mon Dieu -- que cette souffrance inconnue est douloureuse -- je n'ai pas la foi», a-t-elle écrit dans une lettre non datée adressée à Jésus. «S'il y a un Dieu -- s'il vous plaît pardonnez-moi -- quand j'essaie de me tourner vers le Paradis -- il y a un tel vide coupable...»

«J'appelle, je m'agrippe, j'en veux -- et il n'y a personne pour répondre -- personne à qui m'accrocher, non, personne -- seule».

Mère Teresa a eu des visions, des appels du Christ. Au cours de l'une d'elles, elle a parlé à Jésus crucifié sur sa croix.

Mais les lettres révèlent qu'à part un bref répit, la religieuse vêtue de son sari blanc bordé de bleu a passé la plupart des dernières 50 années de sa vie à douter de l'existence de Dieu, en contradiction avec le visage qu'elle affichait en public.

«Le sourire», a-t-elle écrit dans une lettre, est «un masque».

Dans une autre lettre, écrite en 1959, elle a écrit: «Si Dieu n'existe pas -- il ne peut pas y avoir d'âme -- s'il n'y a pas d'âme alors Jésus -- toi non plus tu n'existes pas.»

Le père Brian Kolodiejchuk, qui a compilé les lettres et édite le livre, est membre de la congrégation des Missionnaires de la Charité, fondée par Mère Teresa, et était chargé de la mobilisation pour obtenir sa canonisation. Elle a été béatifiée en 2003, l'étape qui précède le rang de Sainte.

«Je n'ai jamais lu la vie d'un Saint où le Saint vivait dans une obscurité spirituelle si intense. Personne ne savait qu'elle était aussi tourmentée», a confié Kolodiejchuk au magazine Time. En 1962, la religieuse écrivait: «Si un jour, je deviens une Sainte -- je serai sûrement celle des ''ténèbres", je serai continuellement absente du Paradis.»


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com