À chaque année, dans l'arrondissement Ahuntisc, la fin de semaine précédant celle de la Fête du travail, une fête est organisée par la communauté italienne comprenant soirée chantante le samedi soir et une partie de la nuit, fanfare le dimanche midi et feu d'artifice qui clôture le tout le dimanche soir. Pendant deux jours on n'entend malheureusement pas parler italien ou à peine entre deux chansons, on entend parler anglais, d'un bout à l'autre de la fin de semaine. Du petit bout de chou de deux ans à ses parents à ses grands-parents tous communiquent entre eux en anglais. La langue maternelle c'est l'italien mais la langue adoptée, choisie, faisant désormais partie d'eux c'est l'anglais bien qu'ils soient tous capables, si on leur en fait la demande, de parler en français, loi 101 oblige. Il est donc évident pour moi, qui suis née à Montréal, qui ai passé une dizaine d'années jusqu'à ma majorité en banlieue pour revenir vivre à Montréal depuis 40 ans, que peu importe les lois, les réunions au sommet, la persuasion ou la répression, les essais d'intégration au Québec français c'est raté! J'ai pris pour modèle la communauté d'origine italienne parce que je la cotoie dans mon quartier depuis 7 ans et qu'elle me démontre quotidiennement que la langue de chez nous, pour eux, ce n'est pas la langue française. Je ne sais pas si c'est inéluctable mais je suis convaincue que d'ici 50 ans, les francophones parleront encore le français à la maison, comme beaucoup d'Italiens le font avec leur langue, mais que la langue commune du Québec, ce sera l'anglais, majorité canadienne, nord-américaine et mondiale oblige!