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l'école d'avant-hier

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Gilles Beaudet
Envoyé Le samedi 25 août 2007 14:00



Madame Bombardier offre à nouveau une bien intéressante et élégante réflexion. À son discours j'apporterais volontiers quelques nuances. Aujourd'hui on oppose école publique à école privée. L'école privée, catholique, est le dernier réduit,où puisse s'exprimer encore, avec d'énormes contraintes étatiques de programmes et de financement, une culture catholique. L'école publique est celle où l'éducation catholique n'a plus de droits en pratique. Ce n'était pas le cas au temps dont parle Madame Bombardier. J'ai été éduqué à l'école publique primaire et secondaire. C'est à l'école publique des années 30 à 45 que je trouvais des éducateurs catholiques; eux m'ont appris ce qu'est la prière dans la vie quotidienne. J'ai encore en mémoire le nom de ce professeur, M. Paré, qui ne fit d'ailleurs que passer dans ma classe de 4e année. En se targuant d'avoir fréquenté l'école publique, Madame Bombardier oublie de signaler cette nuance. Souvent aujourd'hui, surtout au niveau scolaire, publique veut dire adversaire de la foi catholique. Pensez aux programmes d'instruction religieuse qu'impose de façon dictatoriale le gouvernement.

Seconde nuance: Madame Bombardier prétend qu'on nous a appris à avoir "honte de notre corps". Pourtant moi qui ai fréquenté l'école publique du Québec, de Montréal,j'ai appris bien plutôt, dans quelque page du Catéchisme expliqué de Cauly racontant la vie de sainte Lucie, que mon corps "est le temple du Saint-Esprit" et qu'il fallait l'estimer grandement et le traiter respectueusement. Je n'avais pas appris à avoir honte de mon corps, j'apprenais à avoir honte des actions et des gestes qui exprimaient le mépris de ma personne, de mon corps que j'aurais transformé en machine à jouissances. Si je m'estimais comme "temple de Dieu" je méritais mieux que de me ravaler plus bas que les instincts. Il y a des réalités qui échappent à certains esprits, à certaines époques troubles. Cette notion de "corps temple de Dieu" n'est pas unique aux catholiques; elle origine d'un Juif du premier siècle de notre ère. Je suis certain que parmi les Juifs qui pratiquent la justice, encore aujourd'hui on partage cette notion. Je serais heureux si un lecteur de religion juive venait confirmer mon intuition. Une consultation de sites juifs me fournirait sans doute aussi la confirmation.

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