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Le temps de ranger les armes

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le vendredi 24 août 2007 08:00



Réfléchir!
Le dernier "incident" de la guerre d'Afghanistan, fait réfléchir.
La description des convoies, de l'équipement, le sang d'une jambe perdue, le témoignage d'une personne "ordinaire", c'est-à-dire, non-militaire et les deux autres morts.
Deux autres morts, préparés à mourir, comme on nous dit.
Obéir pour tuer ou se faire tuer, ces soldats ne sont pas des gens "ordinaires".

Peu importe les morts, l'armée garde le même ton. Le ton du devoir à accomplir, le ton de la guerre juste, le ton de la propagande.

Par contre, M. Patrice Roy, n'a plus le ton du journaliste loin de sa nouvelle. Il est devenu, malgré lui, la nouvelle. Ses silences sont encore plus éloquents que tous les mots qu'il peut dire. Ses questions ont la justesse de l'émotion. Sa réflexion a, maintenant, une grande dose de sagesse.

La guerre, au risque de sa vie, perdre sa vie, ôter la vie, ruiner sa vie, ruiner des vies.
Des hommes, des femmes, des enfants, surtout ces enfants, lancés dans cette mer de haine.
La haine, qui vous emplit pour la vie.

Pourquoi?
Al-Qaeda équivaut aux armes de destruction massive d'Irak. La raison officielle, hypocrite. Les seigneurs de la guerre, comme Bush, Cheney, Rumsfeld, Harper, que peuvent-ils se dire derrière les portes closes?
Leurs déclarations devant les vies perdues, devant la mort de MM Longtin, Mercier, Duchesne, ont-elles des silences? Je n'entends pas ces silences, ces pauses qui viennent du coeur, le temps de tenter de trouver le mot juste, le temps de ne pas dire de conneries. Ce sont pourtant eux qui les envoient à la mort, ce sont eux qui sèment la haine à grands coups de milliards.

La triste aventure de MM Roy et Dubois remplace facilement des dizaines de reportages. Le journalisme est de livrer l'information pour attiser la réflexion et bien aiguiller l'action.
La jambe perdue de M. Dubois et la réflexion de M. Roy, ce n'est plus une information spectacle. La cruauté amoindrie par le lointain, nous arrive maintenant comme toute proche et plus palpable. Un événement qui nous fait réaliser la cruauté de notre temps.

Que pouvons-nous faire?
Il serait peut-être temps de ranger nos armes.

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