Duceppe fait monter les enchères
Mots clés : Gilles Duceppe, Bloc québécois, Élection, Forces armées, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)
Pour avoir l'appui du Bloc, les conservateurs devront s'engager à retirer les troupes en 2009
Saint-Hyacinthe -- Le chef du Bloc québécois a fait monter les enchères d'un éventuel discours du Trône hier, affirmant que le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan en 2009 devra y être inscrit noir sur blanc si le gouvernement conservateur veut pouvoir compter sur l'appui du Bloc lors de ce vote de confiance. Gilles Duceppe a d'ailleurs profité de la clôture de son caucus de deux jours à Saint-Hyacinthe pour réclamer un débat d'urgence dès la rentrée parlementaire sur la mission canadienne dans ce pays instable.Stephen Harper a affirmé en juin dernier que la mission ne serait pas poursuivie sans un «certain consensus» du Parlement. Un accord qui semble bien peu probable à l'heure actuelle. Mais le chef du Bloc québécois veut davantage et se dit même prêt à partir en campagne électorale dès l'automne sur le thème de l'Afghanistan. «Si Stephen Harper poursuit sa logique militariste, il ne peut pas s'attendre à avoir l'appui du Bloc», a-t-il soutenu.
Entre-temps, le chef du Bloc voudrait que la mission en Afghanistan soit «rééquilibrée» pour inclure davantage d'aide humanitaire et de diplomatie. Gilles Duceppe n'a toutefois pas expliqué comment il était possible de faire plus de développement sans d'abord sécuriser la région.
Il n'est cependant pas question d'un retrait immédiat. Le leader souverainiste affirme comprendre la réaction de plusieurs Québécois mais soutient que se retirer dès maintenant serait «irresponsable». «C'est une réaction normale, mais quand on explique aux gens qu'on ne peut pas partir du jour au lendemain, ils comprennent.»
Gilles Duceppe a décoché quelques flèches au NPD, qui prône un retrait immédiat de l'Afghanistan. «Je ne veux pas faire comme ceux qui exploitent les émotions des Québécois, comme Jack Layton et Thomas Mulcair [candidat dans Outremont] le font. On ne peut pas regarder les sondages et dire: "Voilà ce qu'on va dire, peu importe les conséquences." Il faut être responsable et remplir nos obligations internationales.»
Le chef du NPD, Jack Layton, a défendu sa position. «De plus en plus de gens se demandent pourquoi on continue une mission qui ne va pas produire de résultats. Nous, on demande un changement de direction et on va continuer de le faire», a-t-il dit hier lors d'un passage à Montréal.
Quant au chef du Parti libéral, Stéphane Dion, il n'a pas voulu se prononcer sur les demandes minimales qu'il voudrait voir remplies par un discours du Trône. Tout au plus demande-t-il que, si le Parlement est prorogé (ce qui a pour effet d'envoyer à la trappe tous les projets de loi n'ayant pas encore été adoptés), le projet de loi C-30 sur l'air pur soit ramené à la prochaine session, dans sa version actuelle. Ce projet de loi gouvernemental avait été modifié en profondeur par l'opposition au point où le gouvernement, insatisfait du résultat, l'a laissé croupir sur une tablette parlementaire. M. Dion a toutefois refusé de parler d'un renversement du gouvernement. «Je ne suis pas ici pour proférer des menaces. Je suis ici pour le convaincre de faire ce qui est bien.»
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Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti et Alexandre Shields
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