Journée noire à Kandahar
Mots clés : Patrice Roy, Charles Dubois, Kandahar, Forces armées, Média, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)

Photo: Agence France-Presse
Ces décès portent à 69 le nombre de soldats canadiens tombés en Afghanistan.
L'identité des trois soldats touchés hier n'avait pas encore été divulguée au moment de mettre sous presse. Toutes les victimes, qui circulaient à bord d'un véhicule blindé léger de type VBLIII , ont été évacuées en hélicoptère vers la base de Kandahar et la vie du caméraman ne serait pas en danger.
Charles Dubois, qui en était à sa quatrième affectation en Afghanistan, sera évacué d'Afghanistan sous peu. Patrice Roy, chef du bureau d'Ottawa de la Société Radio-Canada (SRC), devrait de son côté décider aujourd'hui s'il va rester en Afghanistan, où il prévoyait séjourner pendant six semaines, selon le grand patron de la télévision française de Radio-Canada, Sylvain Lafrance.
La SRC réévalue sa façon de couvrir la mission canadienne en Afghanistan, y compris sa décision d'envoyer Bernard Derome y animer le Téléjournal le mois prochain.
Les militaires du régiment basé à Valcartier menaient conjointement avec des militaires afghans une opération visant à maîtriser un monticule dominant une partie du district de Zhari, où les insurgés seraient particulièrement actifs.
Selon le brigadier général Guy Laroche, commandant de la force opérationelle canadienne en Afghanistan, l'opération a été couronnée de succès malgré le drame. Selon ce militaire, qui s'exprimait à Kandahar lors d'un point de presse télévisé, ce succès permettra aux Canadiens d'entrer en contact avec les autorités locales afin de leur proposer des projets de reconstruction.
L'explosion de l'engin explosif est venue mettre un terme à une journée extrêmement violente au cours de laquelle les militaires canadiens ont été engagés dans des combats acharnés contre des insurgés talibans.
Des témoins ont raconté avoir entendu le tonnerre de feu des blindés canadiens à des kilomètres à la ronde. Malgré leur capacité de tir nettement supérieure, les Canadiens ne sont pas parvenus à forcer les talibans à se replier. Ces derniers ont attaqué sans relâche à coups de mortiers, de grenades propulsées à la roquette et de tirs d'armes légères.
La mort des deux militaires canadiens est survenue le jour même où la dépouille d'un autre soldat du même régiment, Simon Longtin, décédé dans des circonstances similaires dimanche, était rapatriée à la base de Trenton, en Ontario.
Le jeune homme de 23 ans, qui était originaire de Longueuil, a été le premier soldat du Royal 22e Régiment à mourir en terre afghane.
Vendredi dernier, deux autre militaires canadiens, appartenant au Lord Strathcona's Horse Regiment d'Edmonton, avaient été blessés dans le même district de la province de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan.
Le drame d'hier survient un mois seulement après le déploiement des premiers contingents du 22e qui prennent le relais de militaires venus surtout de la base de Gagetown, au Nouveau-Brunswick.
La mort du soldat Simon Longtin a fait croître l'opposition québécoise au déploiement des militaires de Valcartier en Afghanistan.
Un sondage réalisé pour le compte de La Presse du 17 au 20 août, auprès de 601 résidants du Québec, précisait que 57 % des répondants disaient désapprouver l'envoi de ces soldats en terre afghane. Or, dans les heures suivant la mort du soldat Longtin, cette opposition grimpait à 68 %.
Avant la mort du soldat, 37 % des Québécois disaient appuyer le déploiement des soldats de Valcartier. Après son décès, 28 % affirmaient la même chose.
Plusieurs personnalités politiques canadiennes et québécoises ont exprimé hier leur tristesse devant le drame qui s'est déroulé en Afghanistan.
«Les membres des Forces armées canadiennes doivent affronter des risques bien réels en Afghanistan chaque jour lorsqu'ils servent leur pays et le peuple afghan [....] Et les braves civils qui travaillent avec eux, qu'ils soient journalistes, interprètes, diplomates ou travailleurs des ONG, doivent affronter ces risques eux aussi», a déclaré le chef de l'opposition libérale à la Chambre des communes, Stéphane Dion.
«Il faut saluer le courage et le sens du devoir de toutes ces femmes et de tous ces hommes qui, au péril de leur vie, participent à cette mission», a pour sa part déclaré la chef du Parti québécois, Pauline Marois, dans un communiqué.
«Je suis triste pour les familles qui vivent cette épreuve. Il faut avoir cette nécessaire solidarité avec ceux qui vivent cette épreuve», a pour sa part déclaré le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.
«Pour moi, il s'agit d'une cause noble, d'une mission noble. Il faut envoyer un message de solidarité à l'occasion de cette tragédie nationale. Mes pensée vont aux familles», a dit le critique du Parti libéral du Canada en matière de défense, Denis Coderre.
Du côté de l'OTAN, la lieutenant colonel Bridget Rose, porte-parole de l'ISAF dont font partie les militaires canadiens en Afghanistan, a dit que ce drame reflète «les dangers réels, les difficultés ainsi que les situations de menaces à leur vie que doivent affronter chaque jour les troupes de l'ISAF, ainsi que les journalistes et interprètes qui les accompagnent».
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Avec la Presse canadienne
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