Opinion
Lettres: Trente ans plus tard, pour une loi 101+
Mots clés : Charte de la langue française, loi 101, Français (langue), Langue, Québec (province), Canada (Pays)
Le 30e anniversaire de l'adoption de la Charte de la langue française est l'occasion justifiée de célébrer les indéniables progrès accomplis. Cependant, l'euphorie n'est pas de mise.
Une récente étude longitudinale de Statistique Canada ayant pour objectif «d'étudier le lien entre la connaissance des langues officielles par les nouveaux immigrants et le fait d'occuper un emploi approprié» nous apprend que «plus le niveau d'anglais parlé des immigrants au Québec est élevé, plus leur salaire est élevé». Par contre, «le niveau de français parlé par les immigrants n'a pas d'effet significatif sur leurs chances d'occuper un emploi approprié».
Le Conseil supérieur de la langue française nous avait déjà appris que «le pourcentage d'allophones qui travaillent surtout en français n'est que de 45 %».
Dans ce contexte, on comprend l'engouement des allophones et de plusieurs francophones pour la fréquentation du cégep anglophone. Ils représentent près de 50 % de leur clientèle.
À moins d'un sérieux coup de barre, nous ne voyons pas comment nous pourrons renverser la tendance constatée lors du recensement de 2001, à l'effet que les allophones francisés ne représentent que 46 % de l'ensemble des allophones assimilés, alors que la langue anglaise assimile 54 % des allophones.
À l'heure de la mondialisation, si visible dans le paysage linguistique avec l'anglicisation des raisons sociales (Future Shop, Best Buy, etc.), une importante mise à jour de la Charte de la langue française s'impose.
Une loi 101+ s'impose!

