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Geste de dernier recours

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Michel Thibault
Envoyé Le mercredi 22 août 2007 10:00



Les plus récents gestes de Greenpeace envers les forestières n'a rien de surprenant. En situation désespérée ou presque, les coups d'éclats ont leur raison d'être. Les choix faits renvoient à nos valeurs collectives.

L'industrie des pâtes et papier a toujours été nomade, c'est l'histoire qui le démontre. De plus, elle n'a toujours misé que sur le court terme en plus de se comporter en mendiant. Rappelez-vous le 1,6 milliard de fonds publiques investis pour moderniser les usines sous Yves Bérubé. Au profit de qui ?

Aujourd'hui, elles doivent faire face à de profondes remises en question afin de pouvoir survivrent dans un monde de plus en plus exigeant sur les questions environnementales, sinon elles seront avalées par nos voisins. Quel bel avenir pour un peuple qui se cherche

Madame Power nous parle de plantations formées de plus d'une espèce afin de réduire les risques environnementaux tout en conservant la biodiversité. Quelle excellente idée.

C'est faux de prétendre que les forêts âgées vont disparaître si on ne les coupe pas. Les centaines de courbes de croissance que nous avons établies pour estimer la productivité potentielle démontrent toutes que, dans le meilleur des mondes, il y a au pire une très légère baisse du volume marchand après l'âge de maturité du peuplement. Cela s'explique par le remplacement continuel des vieux arbres morts par de jeunes recrues en forêt dite inéquienne (composée de tiges de plusieurs classes d'âge)

C'est également faux de croire que les forêts de sapin ou d'épinette noire parviennent à maturité vers 50 ou 70 ans en zone d'épinette noire, comme on le croit souvent.. Il faut 90 ou même 110 ans pour que les forêts naturelles atteignent leur âge d'exploitabilité, c'est-à-dire le moment où leur accroissement annuel moyen atteint son maximum.

La forêt expérimentale de l'université Laval a été mise a contribution pour vérifier les résultats de nos travaux de même que plusieurs facteurs écologiques. Un mathématicien a même vérifié nos formules mathématiques établies pour faciliter certains calculs de possibilités

Couper indistinctement toutes les forêts sous prétexte qu'on les croit toutes mâtures équivaut à exploiter aveuglément la forêt. Les forêts naturelles ne parviennent pas à exprimer leur plein potentiel naturel. C'est comme de retirer son capital placé à taux progressif alors que le taux n'est encore que de 4% alors qu'il pourrait atteindre jusqu'à 12%plus tard. L'âge d'exploitabilité fluctue évidemment selon la fertilité des milieux.

D'autres facteurs sociaux ou économiques peuvent influencer le moment de la récolte finale. Il est curieux aussi de prétendre qu'il y a surabondance de forêts mâtures pour justifier leur exploitation. Alors, comment expliquer que l'industrie soit rendue à exploiter les forêts les moins productives de toute la zone des forêts denses de l'épinette noire ? Parce qu'on coupe trop. C'est comme pour la morue.

L'île René Levasseur du réservoir manic V compte parmi les forêts les moins productives de la zone des forêts de l'épinette noire dense qui traverse le Québec d'ouest en est.

Le Québec ne peut justifier la coupe rase sur de vastes superficies. Ou encore le bien-fondé de ces dernières par le simple fait de reboiser en créant de jeunes forêts en croissance. En réalité, je serais surpris que l'on reboise partout après la coupe. Actuellement rien ne garanti que les plants reboisés donneront un excellent rendement.

En faisant appel aux nouvelles technologies de l'informatique, il serait possible d'orienter les futures plantations sur les milieux les plus fertiles. Le rendement des plantations serait maximisé.

Par exemple, nous réussi à produire, parmi le framboisier, des trembles de 10 pouces de diamètre (hauteur de poitrine) à 10 ans et avec un entretien presque nul. En zone plus nordique, des arbres aussi gros pourraient être obtenus en 15 ou 20 ans peut-être. De quoi rivaliser avec les forêts de pin du sud.

Les plantations mixtes d'espèces améliorées, faites le plus intelligemment du monde, compenseraient pour la création de nouvelles aires protégées.

Il reste à souhaiter que l'ordre de Ingénieurs forestiers du Québec et notre employeur entendent raison et accepte de publier un article scientifique sur le sujet des nouvelles technologies appliquées à l'aménagement forestier. Cela aurait au moins le mérite de susciter un débat parmi les Ingénieurs forestiers tout en aidant aussi l'industrie et la population concernée à sortir de la crise.

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