Vos réactions
Commentaires
Je ne peux demeurer de marbre devant le communiqué de presse émis par le CIFQ et des commentaires de M. Chevrette à l'égard de la campagne de Green Peace visant à sauver la forêt boréale. Contrairement à ce que le CIFQ semble assumer, Green Peace, comme la plupart des organisations environnementales, ont l'aspect social et économique à coeur, tout autant que l'environnement. Seulement il y a une balance à équilibrer. Selon moi, le but n'est pas d'arrêter complètement la coupe forestière, mais de le faire d'une façon écologique et utiliser une approche holistique. À l'heure actuelle, les coupes à blancs pratiquées par les compagnies forestières pointées des doigts devraient être carrément illégales! C'est le devoir des organismes indépendants d'informer la population sur ces pratiques inacceptables, car ce ne seront évidemment pas les compagnies forestières ni les gouvernements qui l'admettrons (ce qui reviendrait à admettre leur erreur en matière de gestion des ressources).
A pars l'argent et les jobs, c'est quoi l'important. On s'en fou des animaux et de la biodiversité, on s'en fou des autochtones et des générations futures, on s'en fou des ruisseaux détruits par les machineries, on s'en fou du fractionnement de l'habitat par des systèmes de routes de plus en plus extensifs. Allons-donc, peut-être que M. Chevrette et d'autres têtes dirigeantes devraient suivre quelques cours d'écologies 101. M. Chevrette explique que les forêts doivent être utilisées par l'homme, sinon elles seront brulées par les incendies ou ravagées par les pestes, et bien croyez-le ou non, ce sont des cycles naturels désirables !! Et oui !! Peut-être pas pour vos portes-feuille, mais pour le bien-être des écosystèmes. Et les systèmes de forêts reboisées encouragent davantage les pestes, vu la diminution de la diversité biologique qui devrait naturellement offrir une certaine protection contre celles-ci. Raison de plus pour laissez les forêts vierges restantes intactes et développer des systèmes de reboisement qui utilisent plusieurs espèces (contrairement à la monosylviculture, qui comme la monoculture, engendre de grave problèmes écologiques).
De plus la superficie d'aires protégées au Québec est dérisoire (moins de 5%), nous les humains sommes une espèce sur des millions, et nous devrions avoir le droit d'utiliser 75% (ou plus) de toute l'habitat forestier disponible?
Et soyons franc, M. Charrette et l'industrie forestière accuse Green Peace d'utiliser la peur comme moyen de pression, mais ils font la même chose en parlant de menace de perte d'emplois. Ils font peur aux employés possiblement affectés pour les rallier aveuglément à leur cause, sans leur dévoiler qu'il existe des alternatives. Et justement, au lieu de faire peur aux travailleurs du bois avec ça, il faudrait penser à des alternatives, comme l'industrie du recyclage ou encore la coupe sélective. La vision anthropocentrique actuelle et l'appât du gain ne fera que nous mener à notre propre perte. Il est possible de concilier l'industrie forestières et la protection des écosystèmes, mais ce n'est pas le cas au moment où on se parle. Au lieu de pointer du doigts ceux qui ne désirent que sauver les générations futures, ne vaudrait-il pas mieux s'assoir à une table, discuter, et faire des compromis, quitte à accepter une diminution de la croissance des industries, afin de rendre les pratiques plus durables et moins destructrices. Car rappelons-nous qu'un écosystème productif ne peut permettre une croissance annuelle à long terme de 8 à 10 % (gros maximum). Alors quand on voit des chiffres d'affaires de beaucoup de compagnies croître de 20% et plus annuellement, il y a un sérieux problème de durabilité !!
Aline Power
Citoyenne concernée
