Pérou - Après le chaos, les secours s'organisent
Mots clés : sécurité, séisme, secours, Décès, Désastre naturel, Pérou (pays)
Le tremblement de terre a fait au moins 540 morts

Photo: Agence Reuters
«La distribution de vivres et de biens de première nécessité est véritablement en place. Le mécontentement va s'arranger», croit ce responsable de l'agence humanitaire des Nations unies, qui précise que cette opération se déroule en coordination avec un organisme communautaire dirigé par les maires des villes touchées.
«Déjà, le premier jour, nous avons fait parvenir 500 tonnes de nourriture, surtout des lentilles canadiennes, que nous avons empruntées de notre stock régulier pour faire face à cette urgence», a-t-il tenu à préciser.
Achat de vivres
Le gouvernement péruvien a chargé le PAM de procéder aux achats de vivres. «Samedi, nous en avons acheté pour 2,5 M $US (ce qui représente 1500 tonnes). Le gouvernement prévoit y consacrer encore 4,5 millions $US au cours des prochains jours», a-t-il ajouté.
Les camions se rendent à destination depuis que la route panaméricaine, qui relie la capitale à la zone sinistrée, a été réparée. «Les secours sont acheminés à la fois par la route, par mer et par voie aérienne», a précisé M. Gavreau.
Hier, le bilan provisoire des victimes du séisme s'établissait à 540 morts et un millier de blessés. «Grâce à un pont aérien, 325 personnes gravement blessés ont pu être transportés dans la capitale pour y être soignés», a-t-on indiqué hier. Les secouristes continueront de fouiller les décombres jusqu'à mercredi, mais ils ne gardaient hier aucun espoir d'y trouver des survivants.
Après une première estimation faisant état de 16 500 maisons détruites, le bilan communiqué hier, toujours provisoire, évoquait la perte de 35 000 logis. Le nombre de sinistrés atteindrait déjà le chiffre de 176 000. Là encore, le bilan risque de s'alourdir dans les prochains jours, puisque près de 500 répliques ont continué depuis mercredi d'affaiblir les bâtiments qui étaient restés debout après la première secousse. On signalait hier qu'entre 70 % et 85 % des maisons ont été détruites à Pisco, et entre 50 % et 60 % dans les trois autres villes les plus , soit Ica, Cañete et Chincha.
La principale église de Pisco a été complètement détruite. Coïncidence tragique, quelque 150 personnes sont mortes écrasées mercredi lorsque le bâtiment s'est écroulé au cours d'une messe funéraire.
Le gouvernement péruvien a promis de verser 2000 $ par famille pour reconstruire les maisons, une somme jugée insuffisante par bon nombre d'entre elles.
Des sinistrés continuent d'être recensés dans des localités situées plus loin de la côte et par conséquent plus difficiles d'accès . «Nous découvrons encore des populations qui n'avaient pas eu accès aux secours. Quand il n'y a pas de route praticable, c'est par hélicoptère que les secours doivent être acheminés. On n'arrive pas à tout transporter par hélicoptère. Mais la plupart des routes ont été réparées rapidement, les camions peuvent donc se mettre en marche.»
Heureusement, les dommages sont moins importants dans ces régions montagneuses, situées plus loin de l'épicentre, qui se trouvait au large du littoral péruvien. Cependant, les canaux d'irrigations de la région sont presque tous détruits, ce qui risque au cours des prochaines saisons d'empêcher toute production alimentaire dans la bande côtière, qui ne reçoit presque pas de précipitations.
Construction de refuges
Le gouvernement péruvien a entrepris la construction de refuges à la périphérie de Pisco, tout en utilisant les bâtiments intacts tels que les églises, les écoles et les postes de police pour héberger les sinistrés, qui ont passé plusieurs jours sous la tente ou dans des abris de fortune. Pendant l'hiver austral, la température sur la côte péruvienne peut baisser jusqu'à 12 degrés, tandis que l'humidité est très élevée malgré l'absence de précipitations.
«La plus grande difficulté aura été l'accès aux zones sinistrées, explique Guy Gavreau, qui a dans le passé dirigé les opérations du PAM à la suite de tremblements de terre survenus en Haïti, en Afghanistan et au Salvador. Mais c'était pire dans ces autres cas parce qu'il n'y avait pas de gouvernement.» «Quand une ville subit autant de dégâts, il est difficile de trouver les ressources humaines; plusieurs médecins et autres professionnels sont morts», signale cependant M. Gavreau.
Il faut tout reconstruire: réseau électrique, canalisations, infrastructures. La population locale est mise à contribution dans le cadre de programmes de type «travail contre nourriture» ou «travail contre matériaux». À l'instar de nombreux pays, le Canada a annoncé jeudi dernier une aide de deux millions de dollars, en plus de mettre à disposition son équipe de spécialistes humanitaires et ses réserves d'urgence.
La Croix-Rouge canadienne a pour sa part envoyé au Pérou un avion transportant 22 tonnes de matériel d'urgence.
Le Devoir
Avec l'Agence France-Presse
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