Afghanistan - Le 22e pleure la mort du soldat Longtin

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Édition du mardi 21 août 2007

Mots clés : corps, soldat, Simon Longtin, Forces armées, Décès, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)

Plus de 1000 militaires, des Canadiens mais aussi des Américains, des Britanniques, des Australiens et des Néerlandais, entre autres représentants, ont assisté à la cérémonie saluant le soldat Simon Longtin, 23 ans, mort dimanche près de Kandahar.

Photo: Agence Reuters

Kandahar -- Au terme d'une cérémonie sobre, brève et émouvante, le cercueil du soldat Simon Longtin a été porté hier en soirée à bord d'un appareil Hercule C-130, à l'aéroport de Kandahar dans le sud de l'Afghanistan, pour être rapatrié au Canada.

«Simon était apprécié, il affichait sa joie de vivre et c'était un éternel optimiste. Souvenons-nous de lui au moment où il passe au milieu de nous pour une dernière fois», a dit le capitaine Claude Pigeon, aumônier, pendant que les huit porteurs s'apprêtaient à transporter le cercueil drapé de l'unifolié jusqu'à l'aéronef, en défilant au centre d'une longue allée tracée entre deux formations de soldats.

Le corps du jeune militaire de 23 ans a été amené sur le tarmac à bord d'un véhicule blindé léger (VBL) du même type que celui qu'il conduisait la nuit où il est mort. Plus de 1000 militaires, des Canadiens mais aussi des Américains, des Britanniques, des Australiens et des Néerlandais, entre autres représentants, ont assisté à la cérémonie.

Originaire de Longueuil, Simon Longtin a été tué dans la nuit de dimanche, lorsque le véhicule de transport de troupes dont il avait les commandes a été soufflé par l'explosion d'une bombe artisanale dissimulée sur une route secondaire à une vingtaine de kilomètres de la ville de Kandahar.

La mort du jeune homme a porté un coup dur au moral de ses frères d'armes, qui demeurent malgré tout convaincus du bien-fondé de la mission canadienne en Afghanistan.

«Le moral du monde est à terre, mais, en même temps, comme on dit, ça nous motive [à continuer]. C'est sûr qu'on ne l'oubliera jamais, il restera dans nos têtes», a confié le soldat Jean-Philippe Auclair, du 3e bataillon du Royal 22e Régiment basé à Valcartier, au lendemain de la disparition de son ami et camarade de la compagnie C d'infanterie.

Âgé de 21 ans, Jean-Philippe Auclair a accepté de faire brièvement part de ses émotions aux côtés du soldat Scott Bernier, lui aussi encore bouleversé par la mort de Simon Longtin.

«C'est une claque dans la face», a laissé tomber le militaire de 19 ans, originaire de la région de Québec.

Le décès de Simon Longtin porte à 67 le nombre de Canadiens qui ont laissé leur vie en Afghanistan depuis le début de l'intervention militaire dans ce pays en 2002. Il s'agit cependant du premier décès à survenir dans les rangs du Royal 22e Régiment, dont le déploiement dans la province de Kandahar a été entrepris au début de l'été.

«C'était un très bon soldat, fier de ce qu'il faisait. Il était toujours prêt à servir. Il croyait en la cause, celle d'aider les peuples», a poursuivi le soldat Bernier.

«C'était un bon vivant, toujours le mot pour faire rire. Il nous restera toujours le souvenir de son humour», a ajouté Jean-Philippe Auclair, les larmes aux yeux.

Jean-Philippe Auclair et Scott Bernier savent fort bien que la mort tragique du soldat Longtin va hausser d'un cran le ton du débat au Québec sur l'engagement militaire du Canada en Afghanistan, un pays déchiré par une insurrection depuis la chute du régime des talibans en 2001.

Convaincus de faire oeuvre humanitaire dans ce pays, les deux hommes demandent aux Québécois de «s'informer davantage» sur les objectifs de reconstruction poursuivis par le Canada en territoire afghan avant de porter un jugement sur la mission.

«Nous ne sommes pas ici pour rien, nous faisons notre travail et cela ne sert à rien de taper sur les soldats», a dit Scott Bernier.

«Je crois encore en la mission et cela [la mort de Simon Longtin] me motive encore davantage à continuer. Simon était au courant des risques, il savait ce qu'il faisait et je suis sûr qu'il ne regretterait rien», a renchéri le soldat Auclair.

En sa qualité d'ami personnel du défunt, Jean-Philippe Auclair a été désigné pour escorter la dépouille jusqu'au Canada. Il reviendra à Kandahar après les funérailles. «Cela va être dur, mais je suis certain qu'il serait heureux que je fasse ça pour lui», a-t-il dit.

L'une des choses les plus difficiles, a fait valoir le jeune homme, sera de revoir les parents de Simon Longtin et aussi, particulièrement, sa petite amie. «Ça va être dur. Ces deux-là étaient tellement en amour», a-t-il murmuré, la voix étranglée.


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