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La mixité, au secondaire, un génocide.

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Gerry Pagé
Envoyé Le dimanche 19 août 2007 13:00



La mixité, au secondaire, alors que les ados ont toujours été, sont toujours et seront à tout jamais en crise plurielle, fut la gaffe monumentale du siècle dernier. Ce fut l'avènement de la discrimination, du sexisme à rebours et le nivelage de la reconnaissance et de l'affirmation des différences. Au nom de l'égalité la plus ombrageuse et pernicieuse, on a renié et mis à l'index la psychologie de l'adolescence. Au nom de l'égalité virtuelle, on a bafoué et privé les générations de la relève, des moyens privilégiés de se découvrir, de se connaître, de s'accepter, de s'identifier et de s'affirmer.

Les ados furent les ciblés et les criblés des commandos «logues et peutes» des pigeonniers de l'Éducation systématisée qui ont pris d'assaut les barricades et conduit les guéguerres d'une Révolution que Jean Lesage voulait tranquille et ciblée sur «qui s'instruit s'enrichit». Après avoir passe 25 ans à la direction d'écoles secondaires de premier et deuxième cycles, j'ai assisté, sans le moindre pouvoir de le stopper, au génocide socioculturel, intellectuel et humain des ados. Comme nombre de parents et d'éducateurs, j'ai subi l'hécatombe et assisté aux situations de dentelle favorisant les filles et désavantageant les gars qui, pour un trop grand nombre, y ont trouvé leur appauvrissement général.

Ils et elles sont devenus les objets de réformes qui n'allaient nul part ailleurs que dans les couloirs menant aux terrains vagues du néant. Les garçons, notamment, sont devenus les grosses quilles des polyvalentes, ces sombres baraques du béton subventionné. La mixité a fait des ados du Québec, les cobayes de l'instructionnite, aussi creuse que verbeuse, garrochée par des fonctionnaires en mission, allant à l'encontre et au détriment des missionnaires en fonction. Les oiseaux-logues ministériels ont profité du «vide parental» qu'occasionnait l'avènement en trombe des divorces en séries, pour donner libre cours à leurs fantasmes d'intellos en rut, les plus fantaisistes et les plus folichons. Profitant de l'émergence du féminisme, le résultat global en fut que les filles s'en sont mieux sorties que les garçons qui en furent très certainement les victimes, les démolis, les écoeurés, les drogués, les décrocheurs, les flâneurs, les absents, les échoués, les itinérants, les instables, les petits malfrats, les casseurs, les prestataires de l'aide sociale, les suicidaires et suicidés, les débranchés dont la fresque, l'affiche et le spectacle, jusqu'à ce jour, donnent vertiges et nausées. Les coûts humains et les coûts sociaux sont inchiffrables. Mais le «Résultat» de ses folies du siècle dernier, justifient, plus que jamais, un incontournable Nuremberg, c'est à dire un procès sans détour des gouvernants et instigateurs sans conscience, des bureaucrates sans jugement et technocrates sans scrupules, ces parâtres et marâtres du système insurrectionnel de tous les nivellements par le bas, dont les victimes par milliers doivent en endurer et en sublimer les séquelles, pour le reste de leur existence.

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