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Excédent commercial agro-alimentaire trompeur

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Pierre Vincent
Envoyé Le samedi 18 août 2007 02:00



Si l'auto-suffisance alimentaire est qualifiée avec dérision de 'sympathique', on ne devrait pas par ailleurs exhiber un triomphalisme enfantin en prétendant dégager un excédent commercial dans ce secteur, alors que nombre d'intrants directs et indirects (par exemple les engrais, pesticides, carburants, machinerie, etc) sont importés (ou fabriqués à partir d'intrants importés), pour une très large part. La contrepartie québécoise (exportaion d'intrants agricoles) est très certainement beaucoup plus modeste. De plus, à cet aspect de comptabilité commerciale, il faut nécessairement ajouter les coûts écologiques inhérents aux pratiques agricoles 'modernes' (qui sont des déséconomies externes) supportés par la collectivité dans son ensemble. Finalement, bien que le lien de causalité soit plus difficile à établir, la centralisation et la concentration de la fonction de distribution peut avoir faciliter sa prise de contrôle quasi-totale par des intérêts extérieurs (souvent ontariens). De la sorte, outre le biais (mentionné dans l'article) dans les politiques d'approvisionnement des grands détaillants, une partie non négligeable de la valeur ajoutée du secteur, soit les activités propres aux sièges sociaux, échappe au Québec. Tout compte fait, la performance du secteur agro-alimentaire québécois dans son ensemble n'est pas si reluisante.

Nous pouvons faire beaucoup mieux (plutôt que simplement 'beaucoup plus').

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