Tourmente boursière - L'opération de dédramatisation se poursuit

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Gérard Bérubé
Édition du samedi 18 et du dimanche 19 août 2007

Mots clés : récession, marchés boursiers, Économie, Investissement, États-Unis (pays), Canada (Pays)

À la Bourse de São Paulo, au Brésil, hier: mais que se passe-t-il donc?

Photo: Agence France-Presse

Après les appels au calme répétés des autorités, politiques et monétaires, les analystes multipliaient hier les études visant à dédramatiser cette tourmente boursière qui a accompagné l'éclatement de la bulle des hypothèques à haut risque. Pour plusieurs, il faut y voir un ajustement cyclique normal, voire une correction saine. Et l'on ne s'entend toujours pas sur l'imminence d'une récession aux États-Unis.

Le président de l'Association canadienne du commerce des valeurs mobilières (ACCVM), Ian Russell, fait partie de ceux qui adhèrent à la croyance voulant que, «même si les marchés ont été, à court terme, plus mouvementés que d'habitude, cette volatilité reflète un fonctionnement normal de marchés financiers sains et en pleine croissance».

Dans son commentaire diffusé hier, il a tenu à mettre en perspective cette tourmente boursière qui a fait chuter les indices de référence de 10 % en un mois. D'ailleurs, nombre de ces indices étaient retournés en territoire négatif (par rapport à la clôture de fin décembre) avant le rebond d'hier stimulé par une baisse de 50 % du taux d'escompte de la Réserve fédérale américaine. Or, «depuis le début de 2003, la valeur moyenne des titres canadiens, telle que reflétée par les indices Standard and Poor's et TSX, a plus que doublé. Depuis la fin de 2005, leur valeur a augmenté de 30 %. Le Dow Jones a affiché des gains semblables. Ces chiffres incluent les corrections du dernier mois. En résumé, nous traversons une période où la force de la croissance est remarquable», a relativisé Ian Russell

Il a rappelé que «les économistes des sociétés membres de l'association s'accordent à souligner que les données fondamentales restent solides. Si cette correction incite des investisseurs des États-Unis et du Canada à mieux examiner leurs niveaux de risque, c'est bénéfique aussi.»

La veille, l'économiste en chef de Marchés mondiaux CIBC, Jeff Rubin, jouait également la carte de la solidité des «fondamentaux». «Les marchés financiers devraient se remettre des soubresauts qu'ils traversent actuellement, car la forte croissance de l'économie mondiale, la vigueur des données fondamentales des sociétés et, si nécessaire, des réductions du taux d'escompte des banques centrales permettront de surmonter les malheurs qui frappent le marché des prêts hypothécaires à haut risque des États-Unis», a-t-il mis en exergue.

«Exception faite des prêts hypothécaires aux États-Unis, les pressions de vente qui s'exercent maintenant sur les marchés des actions et du crédit relèvent plus de la peur que de la réalité», a enchaîné le stratège, qui écartait dans la foulée une onde de choc planétaire. «Le resserrement du crédit engendré par les défauts de paiement des prêts hypothécaires à haut risque aura des répercussions directes sur la récession qui frappe actuellement le secteur du logement aux États-Unis. Cependant, l'effet de contagion restera probablement concentré là-bas.»

«Braderie»

Il a également ramené la chute de 11 % du cours des actions canadiennes au rang de correction, «phénomène que l'on peut observer fréquemment au cours d'une tendance haussière, comme l'importante braderie survenue précédemment pendant la période à la hausse de 2006».

Au Mouvement Desjardins, les économistes n'épousaient également pas la thèse d'une récession à grande échelle aux États-Unis. «Déjà relativement élevées à une chance sur quatre, les possibilités de récession se sont accrues récemment alors que le resserrement des conditions de crédit et la chute des indices boursiers fragilisent la situation des consommateurs américains. À la lumière des plus récents indicateurs économiques, nous ne sommes cependant pas d'avis qu'un scénario de récession soit maintenant le plus probable. Le marché immobilier et la consommation s'avéreront certes plus fragiles, mais l'économie américaine montre encore plusieurs signes de résilience.»

On se fait plus sceptique à la Financière Banque Nationale, qui a relevé à 50 % la probabilité d'une récession aux États-Unis d'ici le début de 2008. L'économiste principal, Yannick Desnoyers, retient que l'état de santé du consommateur américain, déjà précaire, peut difficilement absorber à la fois une baisse des prix des maisons, un durcissement des conditions d'emprunt de la part des institutions financières et un repli des marchés boursiers.

La crise actuelle émane du secteur du logement américain. Cette économie, qui «connaît sa pire récession du logement depuis 1990», devrait même connaître une crise du logement «plus sévère encore qu'il y a 17 ans», a-t-il ajouté. Dans une perspective plus positive, il faut cependant miser sur le fait que la Réserve fédérale américaine reconnaîtra que les turbulences boursières auront un impact sur l'économie réelle et qu'elle adoptera «un penchant vers l'assouplissement monétaire».


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com