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le repli ethnique est le seul refuge du colonisé
Noël Landry, dans toute sa jeune candeur, exprime bien le problème: pour lui, ce qui importe, c'est le respect. Mais le respect de quoi au juste?
Quand toutes les manifestations de la culture humaine se valent, par la force magique d'une charte des droits qui n'a même pas force de loi, on ne peut plus questionner l'autre et donc plus se questionner soi-même. Quand une société se limite à "fonctionner", elle oublie ses repères culturels jusqu'à n'être qu'une machine à produire et consommer du vide existentiel; pas surprenant que le Québec profond se braque contre les immigrés et qu'eux-même se ghettoïsent dans des quartiers de Montréal et certaines banlieues.
On aime à croire que la diversité canadienne est un peu comme le melting-pot états-unien. Il n'en est rien: l'états-unien est d'abord un américain, pas un membre d'une communauté ethnique à qui on devrait du "respect". C'est triste de penser que les ports d'attache culturels commun de la majorité des canadiens sont justement la culture de masse états-unienne, à défaut de pouvoir s'alimenter d'une identité canadienne.
Ce que Bouchard cherche à prouver, il ne le trouvera pas. Il n'y a pas d'avantages ni d'inconvénients majeurs à la diversité culturelle; tous les pays modernes sont constitués de communautés diverses qui évoluent en conséquence. Le problème ici reste celui du Québec qui n'est toujours pas indépendant, et qui n'a donc pas les moyens d'évoluer comme il le voudrait, du moins pas de manière québécoise. L'accomodement raisonnable du Québec "pur laine", c'est de composer tant bien que mal avec le "modèle canadien".
