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Un parallèle avec les relations humaines
Bien entendu, une saine relation implique que l'on sache ce qui est important pour soi et les limites qu'on ne veut pas voir l'autre franchir, pour préserver notre intégrité. Mais n'est-il pas légitime d'accorder ce même droit à l'autre? Bref à devoirs égaux, responsabilités égales. Les relations humaines sont un long et difficile processus de démocratie. L'autre n'a pas toujours les mêmes valeurs ou les mêmes manières de résoudre les problèmes. On peut choisir comme solution, pour éviter la difficile négociation qui implique la remise en question, la modestie et la sincère considération des intérets d'autrui, de ne fréquenter que les gens semblables à nous. Mais même là, les conflits et ruptures sont légion. Ou bien on accepte d'être enrichi au contact de l'autre, quitte à être secoué. Il faut atteindre un juste équilibre entre l'assurance de son identité et la flexibilité à l'autre. C'est difficile. Beaucoup même. Mais n'est-ce pas là justement l'intérêt des relations humaines?
Cette réflexion n'a évidemment rien d'une étude sociologique et je n'ai pas de données empiriques ou autres pour l'appuyer. Il s'agit plutôt d'une intuition.Il me semble par contre possible d'établir un parallèle avec l'avantage pour les Québécois d'accueillir des immigrants chez eux. Il est clair que si aucun effort n'est fait pour les aider à s'intégrer, et si des ponts ne sont pas lancés pour leur apprendre les fondements et les valeurs de la culture québécoise, ce qu'on espère d'eux et qu'on tolère mal ou pas, l'échange interculturel aura peu ou pas lieu. Alors le repli identitaire se poursuivra et s'amplifiera de chaque coté, chaque groupe culturel ayant l'impression que l'autre ne peut vraiment le comprendre, ni partager des modes de vie commun. Alors peut-être certains se diront que tant qu'à vivre en parallèle les uns à côté des autres, il vaut peut-être mieux de vivre dans des pays distincts. Des dérapages xénophobiques sont alors possibles. Tout cela peut sembler relever du sophisme de la pente fatale, mais il me semble que nous sommes déjà arrivés au bas de la pente chez certaines personnes.
Yanick Binet
