Vos réactions

Trouver ou prouver ?

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Guy Archambault
Envoyé Le vendredi 17 août 2007 09:00



Les avantages de la diversité culturelle pour les Québécois sont-ils difficiles à trouver ou difficiles à prouver ? Si aucun intellectuel n'a réussi au cours des dix dernières années à produire une recherche démontrant les avantages de la diversité culturelle pour les québécois, c'est que, soit que ces avantages n'existent pas, soit qu'ils existent mais sont d'une importance mineure comparé aux problèmes réels ou potentiels qu'elle pose.

Encore là, faudra-t-il éviter les idées préconçues, inconscientes, que porte en elle la classe intellectuelle québécoise, qui projette sur l'ensemble de la population ordinaire, ses besoins, ses désirs et ses propres aspirations au détriment du quotidien vécu par leurs concitoyens. Faudra prouver que les bienfaits de cette diversité sont une réalité tangible pour tous les québécois et non le produit d'un sentiment de foi et d'espérance de la part des intellectuels soucieux d'être politiquement et culturellement " correct ".

Par exemple, il faudra montrer comment la diversité culturelle présente au Québec depuis plus de trois cent ans, celle des indiens, ans a profité et profite encore aux québécois ordinaires. On sait déjà qu'elle profite quotidiennement beaucoup aux historiens, aux anthropologues, aux sociologues et aux archéologues. Mais il faudra aussi montrer les bienfaits culturels que les Mohawks de la région de Montréal ont apporté à la vie culturelle et sociale des Québécois au cours des vingt dernières années.

Il faudra aussi montrer quels bienfaits culturels certaines communautés hassidiques, musulmanes, haïtiennes, italiennes, chinoises, pakistanaises, libanaises, etc. apportent à la communauté québécoise malgré l'apparent repli sur eux-mêmes de certaines de ces communautés. Pour cela, il faudra aller interroger leurs voisins immédiats qui tiennent logement à côté d'eux à Outremont, Lorraine, Cöte-Saint-Luc. Hamstead, Ahuntsic, Montréal-Nord ou Saint-Laurent. Il faudra demander à ces voisins quels bénéfices culturels concrets ils retirent de ce voisinage avec la diversité culturelle et quels problèmes concrets, s'il y en a, ils rencontrent au contact des membres de ces communautés. Et s'il y a des problèmes, il faudra pousser plus loin, et vérifier la nature, la véracité et la profondeur de ces problèmes.

Il faudra aussi demander aux membres de ces communautés ce que le voisinage des québécois leur apportent comme bienfait culturel et les problèmes que leur pose ce voisinage.

En somme, la commission ne doit partir en mission pour répandre la foi en nature bienfaisante de la diversité culturelle; elle doit rester fidèle à son mandat qui devrait être, pour l'essentiel, d'évaluer la nature des problèmes posés par la diversité culturelle au Québec, compte tenu du statut minoritaire de la francophonie en Amérique du nord, et trouver des solutions satisfaisantes pour les résoudre sans nuire au besoin identitaire des différentes communautés en présence.

Guy Archambault

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com