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Le brouillard et peut-être la nuit...
Je ne peux voir autrui comme une différence après la Shoa. Il ne peut y avoir une altérité sans humanité et celle-ci nous démontre que nous sommes un même. Il faut créer une Paideia en quête de noblesse. C'est l'égalité qui devrait nous être une passion du vivre ensemble. À Montréal, il y a une indifférence totale à l'égard des nouveaux-américains. Les accommodements raisonnables sont une infamie, une sorte de ghetto invisible mais bien présent. S'accommoder de l'existence d'autrui est une insulte insupportable à la dignité humaine.
Vous vous accommodez à ce que je suis? Je vous dis non. Commode vient de commodus, « meuble »; commodité, vous savez ce que c'est, ce sont les lieux d'aisances. Autrement dit, les toilettes. D'ailleurs, au XIV ième siècle à propos de « incommodité », cela se pensait comme « immondices ». Ce n'est pas dans l'air du temps « écologique ». Alors, accommodements raisonnables, cela va loin comme notion. Aurions-nous trouvé une nouvelle forme très politiquement correcte pour devenir plus raciste qu'à l'accoutumé? Cela fait peur et je ne crois pas que les nouveaux-américains vous suivront. M. Bouchard le sait lui qui lut l'essai Frénétiques (Aux éditions Tryptiques, 1999). Il y a une tentative de comprendre ce que exclusion veut dire au Québec.
« L'âme n'a pas de patrie, ou, plutôt, elle n'a qu'une seule grande patrie sans frontières. Il est possible de se comprendre mutuellement et de se rapprocher. Je dois y contribuer pour ma part, car j'éprouve en mon âme et en ma raison un sentiment de solidarité avec toutes les époques et tous les pays » Etty Hillesum, morte à Auschwitz en 1943.
