Des algues bleues trouvées au fond du Saint-Laurent

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Alexandre Shields
Édition du vendredi 17 août 2007

Mots clés : environnement, fleuve Saint-Laurent, algues bleues, Pollution, Eau, Québec (province)

Plusieurs s'en doutaient, mais la chose est maintenant officielle: le fleuve Saint-Laurent est lui aussi frappé par une souche de cyanobactéries qui s'est fixée en plusieurs endroits dans le fond du lac Saint-Pierre et du lac Saint-Louis. Et si on poursuit la traque aux algues bleues, on risque fort d'en retrouver en plusieurs autres endroits dans le secteur immédiat de Montréal.

Pour l'instant, Christiane Hudon, chercheuse scientifique d'Environnement Canada, a documenté leur présence le long de la rive sud du lac Saint-Pierre, et ce, dès 2005. «On parle d'algues collées sur le fond et présentes sur une superficie d'environ 20 kilomètres carrés, a-t-elle expliqué hier. On a des raisons de croire que c'est un phénomène qui est présent depuis plusieurs années, mais on ne sait pas s'il prend de l'expansion.» Elle et son équipe ont fait cette découverte par hasard.

Du côté du lac Saint-Louis, les algues ont été repérées dans la partie nord du plan d'eau, grosso modo «entre Sainte-Anne-de-Bellevue et l'île de Dorval», a dit Mme Hudon. «On l'a confirmé il y a de cela deux semaines, mais on a des indications selon lesquelles ça dure depuis des années.» Elle a précisé que la présence n'était pas encore quantifiée mais qu'une campagne d'échantillonnage intensive était prévue dans les semaines à venir.

Et s'il ne s'agit que de deux zones fluviales relativement restreintes, «on a lieu de penser qu'il pourrait y en avoir dans d'autres secteurs qui sont riches en phosphore», a ajouté la spécialiste des plantes aquatiques. Pour confirmer ou infirmer cette hypothèse, «il faudrait étendre nos recherches», a-t-elle souligné. Il existe également des cyanobactéries qui vivent en eaux saumâtres ou salées, mais leur présence n'a jamais été confirmée dans le Saint-Laurent.

Quant à savoir si les nids d'algues bleues découverts par Environnement Canada représentent un risque pour la santé, il est encore trop tôt pour le dire. Ces algues ont effectivement un «potentiel de générer des toxines, mais on ne sait pas si elles en produisent», a expliqué la chercheuse. Les toxines ne seraient d'ailleurs pas les mêmes que pour leurs cousines des lacs. Des échantillons ont été envoyés dans plusieurs laboratoires à travers le monde et on attend toujours les résultats des expertises.

Chose certaine, leur morphologie est très différente de celle des algues qu'on a vues apparaître dans 114 lacs et rivières du Québec. Ces algues filamenteuses, lorsque essorées, «ont l'apparence de la laine mouillée, mais vert foncé ou noires», selon ce qu'a constaté Christiane Hudon. «Elles sont dans une classe à part, mal définie, et les toxines qu'elles pourraient contenir sont aussi méconnues, donc on est un peu dans une zone floue», a-t-elle dit. La spécialiste est toutefois catégorique quant à leur origine: «l'enrichissement excessif en phosphore».

Mme Hudon a également précisé avoir prévenu des scientifiques du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs dès la découverte de cyanobactéries dans le lac Saint-Pierre, en 2005. Hier, toutefois, le ministère n'a pas répondu aux demandes de précisions du Devoir à ce sujet.


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Pas surprise - par Martin M
Le vendredi 17 août 2007 12:00

Alerte et scandale - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le vendredi 17 août 2007 10:00

Des lacottes au FLEUVE - par Centre de Documentation Conseil Science et Technologie
Le vendredi 17 août 2007 10:00

Et le St-Laurent frappé? - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le vendredi 17 août 2007 10:00

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