Candidat adéquiste contre Pauline Marois - Dumont «manque de maturité», croit Charest
Mots clés : Jean Charest, Mario Dumont, Pauline Marois, Gouvernement, Parti politique, Québec (province)
Saguenay -- Le premier ministre Jean Charest accuse le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, de «manquer de maturité» en tentant de bloquer l'arrivée de Pauline Marois à l'Assemblée nationale.
Le Parti libéral s'est déjà engagé à ne pas présenter de candidat lors de l'élection complémentaire qui se déroulera bientôt dans la circonscription de Charlevoix, laissée vacante depuis lundi par le détenteur du siège, le péquiste Rosaire Bertrand, qui a démissionné afin de permettre à la chef péquiste Pauline Marois d'y être élue.
L'Action démocratique entend de son côté opposer un candidat à Mme Marois et dit vouloir laisser l'exécutif adéquiste local prendre la décision finale.
Selon M. Charest, il est «important» que Mme Marois, qui dirige une des trois formations politiques majeures au Québec, puisse siéger à l'Assemblée nationale.
Le chef du gouvernement s'est d'ailleurs engagé à déclencher rapidement cette élection complémentaire et à ne pas attendre, pour le faire, le délai maximum de six mois suggéré dans la loi électorale.
«Cela va arriver très rapidement», a dit M. Charest, qui reconnaît en avoir discuté avec Mme Marois elle-même.
Cette dernière aspire à diriger ses troupes dès la rentrée parlementaire de l'automne, prévue pour le 16 octobre.
À l'été 2006, libéraux et adéquistes avaient convenu de ne pas présenter de candidat dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles afin de faciliter l'élection du prédécesseur de Mme Marois à la tête du Parti québécois, André Boisclair. Ce dernier avait remporté facilement la circonscription, dans le cadre d'une élection complémentaire, avec 71 % des suffrages et une majorité de 7563 voix.
Faciliter l'élection d'un chef lors d'une complémentaire n'est cependant pas une tradition absolue au Québec. En juin 1985, le Parti québécois alors au pouvoir avait présenté un candidat contre le chef de l'opposition libérale Robert Bourassa, qui tentait de se faire élire lors d'une complémentaire tenue sur la rive sud de Montréal.
Depuis le scrutin du 26 mars dernier, M. Charest dirige un gouvernement minoritaire à l'Assemblée nationale. L'Assemblée compte actuellement 48 députés libéraux, 41 adéquistes et 35 péquistes, le seul siège vacant étant celui de Charlevoix.

