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Un post mortem à faire

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Jean-Pierre Aubry
Envoyé Le mardi 14 août 2007 11:00



Lorsque cette épisode sera chose du passé, il faudra que les grands intervenants (dont les banques centrales) face un post-mortem sur la montée des risques pris dans le secteur immobilier des États-Unis, sur le vent de panique qui a soufflé et sur l'intervention des banques centrales.

Quand un tel choc nous frappe, il faut d'abord se demander si un tel événement était prévisible. De penser que la valeur des propriétés hypothéquées aux États-Unis allait continuer de s'accroître de façon continue et importante, année après année, me semble une hypothèse totalement incorrecte sur laquelle baser une stratégie d'investissement de portefeuille. De penser que les institutions prêteuses ne prenaient pas de grands risques avec des emprunteurs qui n'avaient comme marge de manoeuvre que les gains attendus sur la valeur de leur propriété me semble encore plus un manque de jugement. Par contre, de penser que, si le problème était suffisamment grand, la Réserve fédérale et les autres banques centrales viendraient aux secours de ces institutions prêteuses était une bonne prévision.

Quand la crise asiatique a frappé, on a dit que ces pays manquaient d'expérience et de maturité. Il en fut de même avec de dernières crises financières en Russie et en Argentine. Pourtant la présente crise de confiance émerge du pays qui serait le plus avancé sur le plan financier. On est plus gros, plus sophistiqué mais on prend plus de risques. Le taux d'accident est alors au moins aussi important et on entraîne plus de monde dans la débâcle.

Comme dans le cas de la débâcle d'Enron, les autorités réglementaires américaines devront revoir leur façon d'évaluer les risques associés à diverses activités financières. Les institutions financières du secteur privé pour leur part devront baser leur évaluation des risques sur une meilleure compréhension des contraintes macro-économiques. Ce manque de compréhension était d'ailleurs à la source de la surévaluation du cours des télécoms et la débâcle financière qui a suivi. En somme, on a peu appris.

Je suis donc très sympathique au propos du gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King qui avait estimé mercredi que la crise des prêts immobiliers à risque aux États-Unis «n'était pas actuellement une crise financière internationale». Il avait ajouté que ce n'était «certainement pas» le travail des banques centrales que «de protéger les emprunteurs peu avisés». En fait, les banques centrales qui sont intervenues non pas protégé totalement les investisseurs peu avisés, elles leur ont donné, jusqu'à date, un peu de temps pour limiter les dégâts. Par contre, si elles baissent les taux d'intérêt, ce sera une tout autre histoire.

Jean-Pierre Aubry

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