Pour assurer le bon fonctionnement des marchés - Nouvelle intervention des banques centrales
Mots clés : banques centrales, fonctionnement des marchés, Banque, Économie, États-Unis (pays), Canada (Pays)

Photo: Agence France-Presse
Toutefois, c'est encore la Banque centrale européenne qui a remporté la palme de la plus grosse intervention: 47,7 milliards d'euros. Depuis jeudi matin, elle a donc abreuvé les marchés de plus de 203 milliards d'euros (292 milliards canadiens).
Lorsqu'elles injectent de l'argent de la sorte, les banques centrales prêtent aux banques sur une période de 24 heures. Elles procèdent ainsi pour éviter ce que les spécialistes appellent une crise de liquidité. La journée d'hier, toutefois, n'avait rien à voir avec la folie de la semaine dernière, un mouvement de panique déclenché par les déboires de BNP Paribas dans le secteur des hypothèques à risque en sol américain.
La Bourse de Toronto a bien commencé la journée hier mais un recul en après-midi, notamment dans le secteur des services financiers, a fait en sorte que les gains cumulés jusque-là ont lentement disparu. L'indice S&P/TSX a signé une baisse de 39 points à 13 427 points, soit un recul de 0,3 %. Le sous-indice des services financiers, qui pèse lourd dans l'indice global, a chuté de près de 3 % en raison du recul chez les grandes banques.
À Wall Street, le Dow Jones a perdu trois points pour terminer en très légère baisse. Même scénario pour le Nasdaq et le S&P500, dont le niveau de clôture était le même que celui de vendredi. «Les investisseurs reprennent confiance dans l'idée que les banques centrales veulent intervenir afin d'éviter des conséquences sérieuses sur les économies», a expliqué à l'Agence France-Presse un analyste de Cowen & Co.
Les Bourses européennes ont bien réagi: le CAC-40, à Paris, a bondi de 2,2 % alors que le DAX, en Allemagne, s'est offert une hausse de 1,8 %. À Londres, le FTSE 100 a grimpé de 3 %. En ce qui concerne les marchés asiatiques, ils ont terminé la séance en légère hausse.
«Un mois ou deux»
Bon nombre d'acteurs s'époumonent à dire que ce qui se passe en Bourse ne devrait pas, du moins pas pour le moment, contaminer l'économie dans son ensemble. «C'est surtout Wall Street qui a de la difficulté, pas Main Street», a dit Christian Godin, vice-président à la firme de placements Montrusco Bolton. Autrement dit, les problèmes représentent davantage un risque pour les marchés financiers que pour l'économie réelle au quotidien. «Les problèmes de l'immobilier aux États-Unis ne sont pas suffisamment lourds pour nuire. Pour un effet domino, il faudrait d'abord une détérioration de la confiance des consommateurs.»
Selon M. Godin, il faudra probablement «un mois ou deux» pour que «tout le monde comprenne ce qui se passe» avec les produits d'investissement exotiques qui sont à la base des problèmes de certaines banques.
Le secteur financier est aux prises avec la perte de valeur de certains fonds constitués notamment de titres hypothécaires à risque. Ces titres sont en fait des hypothèques regroupées de manière à générer un rendement pour des investisseurs. Or compte tenu du fait que le taux de défaillance sur les hypothèques risquées est d'environ 20 %, ces investissements valent de moins en moins, et les institutions écopent.
Hier, la Banque CIBC a avoué que son exposition à certains secteurs, dont l'hypothèque à risque (le célèbre subprime) lui coûtera 290 millions. Elle prévoit quand même un trimestre rentable. Les analystes et investisseurs auront les yeux rivés sur Bay Street au cours des prochains jours et semaines pour toute annonce provenant des autres banques sur le même sujet.
Du côté américain, les problèmes hypothécaires incitent les banques à une prudence plus marquée. Une série de données publiées hier par la Fed montre que les prêteurs ont étendu cette prudence à d'autres catégories de crédits à la consommation. La Financière Banque Nationale était d'avis que cela annonce un certain ralentissement des dépenses pour la deuxième moitié de 2007.
Tout compte fait, cependant, un analyste d'Avalon Partners a affirmé à l'Agence France-Presse que la panique des derniers jours cède le terrain au réalisme. «Le marché réalise que les données économiques laissent présager une croissance économique modeste et peut-être que l'on va commencer à voir de moins en moins de victimes des subprimes», a dit Peter Cardillo.
Vos réactions
Un post mortem à faire - par Jean-Pierre Aubry
Le mardi 14 août 2007 11:00

