Le Canada défend sa souveraineté
Mots clés : Stephen Harper, installation militaire, souveraineté du Canada, Souveraineté, Arctique et Antarctique (Région), Canada (Pays)
Création d'un port en eaux profondes et d'une installation militaire dans le Grand Nord
Iqaluit -- Le Canada a affirmé hier sa souveraineté contestée sur le passage du Nord-Ouest dans l'Arctique en annonçant la création d'un port en eaux profondes et d'une installation militaire dans l'extrême-Nord canadien.L'annonce d'hier «signale au monde que le Canada exerce une présence réelle, croissante et à long terme dans l'Arctique», a déclaré M. Harper, qui achevait à Resolute Bay, dans le territoire du Nunavut, une tournée de trois jours dans le Grand Nord.
Il a indiqué qu'un port en eaux profondes serait construit à Nanisivik, site d'une ancienne mine de zinc, à la pointe nord de l'île de Baffin.
Un centre de l'armée pour l'entraînement aux opérations dans l'Arctique sera par ailleurs installé à Resolute Bay. Cette petite localité arctique se trouve sur l'île Cornwallis, au milieu du passage du Nord-Ouest. Le centre aura un effectif maximum de 100 personnes.
Ces installations, situées à deux endroits stratégiques du passage du Nord-Ouest, visent à renforcer le contrôle du Canada sur cette voie maritime mythique reliant l'Atlantique au Pacifique, et qui pourrait devenir plus facilement navigable avec le réchauffement climatique. Ottawa considère ce passage se faufilant entre des îles canadiennes comme faisant partie de ses eaux territoriales, alors que pour plusieurs pays, dont les États-Unis, il s'agit d'eaux internationales.
M. Harper a aussi annoncé le renforcement des effectifs des Rangers, les patrouilleurs inuits du Grand Nord. Ensemble, ces mesures «renforceront considérablement la souveraineté du Canada dans l'Arctique», a-t-il dit. Il a précisé que le port de Nanisivik aura une vocation essentiellement militaire pour élargir la portée opérationnelle de la marine dans l'Arctique, mais qu'il servirait aussi à des applications civiles.
En juillet, M. Harper avait annoncé un important investissement de quelque sept milliards de dollars sur 25 ans pour la construction et la maintenance de plusieurs brise-glaces destinés à patrouiller dans les eaux de l'Arctique. Le réchauffement qui s'accélère, et la perspective d'une fonte de la banquise qui rendrait ses richesses plus accessibles, a ravivé les revendications sur ces régions.

