Fédération des cégeps - Priorité au financement

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Martine Letarte
Édition du samedi 11 et du dimanche 12 août 2007

Mots clés : Gaëtan Boucher, Fédération des cégeps, Éducation, Cégep, Québec (province)

Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps

Depuis des années, en matière de financement, les établissements d'enseignement supérieur crient famine. Cet automne, la Fédération des cégeps compte particulièrement se faire entendre pour recevoir sa part du gâteau des transferts fédéraux en éducation postsecondaire annoncés par les conservateurs. Des fonds grandement attendus depuis les compressions budgétaires des années 1990.

«Le 1er avril 2008, le gouvernement Harper versera 188 millions de dollars au Québec pour l'éducation postsecondaire. Ce qui nous inquiète, c'est de réussir à avoir notre juste part de ces transferts. Nous considérons que 40 % de ces 188 millions doivent revenir aux établissements d'enseignement collégial, contre 60 % pour les universités», soutient le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher. Cette proportion correspond à la part des collèges dans le budget du Québec dévolu à l'enseignement postsecondaire.

Toutes proportions gardées, les cégeps sont au moins aussi sous-financés que les universités, affirme l'organisme. «Il y a deux ans, nous avons fait faire une étude et les experts en sont venus à la conclusion qu'en 2005-2006, le sous-financement des cégeps atteignait 305 millions de dollars alors que les universités parlent de 375 millions. Nous avons déposé l'étude au ministère de l'Éducation et personne n'a contesté nos chiffres. Comme le seul réinvestissement qu'il y a eu depuis est le 20 millions de dollars récurrent annoncé par le premier ministre du Québec en août 2006, il reste 285 millions de sous-financement», explique le p.-d.g.

Précarité financière

La Fédération explique la grande précarité financière des cégeps par leur grande dépendance envers l'État. D'abord, le budget des cégeps provient à 86 % du gouvernement du Québec, contre 53 % pour les universités. Ensuite, aucune somme dans le financement des cégeps ne provient du gouvernement fédéral, contre 13 % dans le cas des universités. De plus, les établissements d'enseignement collégial ne peuvent pas imposer de droits de scolarité, contrairement aux universités, ni percevoir de taxes scolaires, comme le font les commissions scolaires.

Cette dépendance envers l'État, jumelée à l'interdiction légale d'enregistrer des déficits, a conduit les cégeps à faire des choix douloureux au fil des ans, et avec ce réinvestissement en éducation postsecondaire, la Fédération des cégeps espère réparer une partie des dégâts.

«C'est pour cette raison que, tout l'automne, nous travaillerons très fort à faire en sorte d'obtenir notre 40 % du réinvestissement annoncé. C'est la grande priorité. Par la suite, nous souhaitons évidemment que chaque établissement puisse faire le choix de ses investissements, comme nous leur avons laissé le choix des compressions dans les années 1990. Toutefois, il demeure que le réseau a quatre grandes priorités, soit l'accessibilité et la qualité des services, la modernisation des technologies et la mise à jour des programmes, le maintien de la qualité des bâtiments ainsi que la présence du cégep dans son milieu», indique Gaëtan Boucher.

Formation continue

La Fédération des cégeps souhaite également, pour l'année scolaire à venir, poursuivre l'adaptation de la formation collégiale aux besoins de la population québécoise. En effet, les besoins du marché du travail évoluent rapidement et cela exerce une pression continuelle sur les établissements d'enseignement supérieur qui doivent développer de nouveaux programmes de formation et adapter ceux déjà existants.

«Cette année, le gouvernement du Québec doit mettre à jour sa politique de formation continue et nous espérons qu'il reconnaîtra aux collèges un rôle beaucoup plus prépondérant dans le domaine», indique le p.-d.g.

Ainsi, la Fédération des cégeps souhaite obtenir beaucoup plus de souplesse en ce qui a trait à l'organisation scolaire. «Nous voulons pouvoir offrir davantage de reconnaissance des acquis, de programmes à temps partiel, en alternance travail-études ou intensifs, etc. Nous voulons également pouvoir offrir plus de deux sessions par année, développer davantage de programmes d'attestation d'études collégiales, offrir des cours de perfectionnement ou de recyclage adaptés aux besoins des gens sur le marché du travail, etc. Car il ne faut pas oublier qu'en ce moment, ce n'est vraiment pas évident de retourner au cégep!», mentionne M. Boucher.

Avec la deuxième mouture de la politique de formation continue, la Fédération souhaite donc que les cégeps aient toute la souplesse dont ils ont besoin pour satisfaire les besoins de la population et, évidemment, les ressources nécessaires pour y arriver. «Avec la première politique, il devait avoir cinq millions alloués pour le temps partiel, mais ça n'a pas été respecté. Dans la région de Montréal, nous estimons qu'il y a environ 5000 adultes que les cégeps ne peuvent pas desservir faute d'horaires. Nous avons sans contredit besoin de beaucoup plus de souplesse», poursuit-il.

La recherche au collégial

Enfin, en travaillant avec les fonctionnaires provinciaux, la Fédération des cégeps a comme dossier important cet automne de relancer la recherche au collégial. «Avec les compressions budgétaires des années 90, le secteur de la recherche a été mis à mal. Maintenant, nous devons regarder comment nous pouvons le relancer», explique M. Boucher.

Les établissements pourront donc développer la recherche pédagogique, tout comme la recherche technologique. «Avec l'appui du gouvernement, nous voulons intéresser davantage les collèges à faire de la recherche. Nous voulons montrer les avantages de collaborer de manière plus étroite avec les centres de transfert de technologie et avec les entreprises qui peuvent soutenir financièrement des projets de recherche. Nous voulons également permettre à des jeunes professeurs de mettre sur pied de nouveaux programmes de recherche dynamiques», indique Gaëtan Boucher.

La Fédération des cégeps estime que le réseau compte parmi ses rangs environ 1000 professeurs qui sont détenteurs de doctorat, donc des personnes pleines de potentiel pour relancer la recherche.

***

Collaboratrice du Devoir


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com