Paris - Les voleurs de Picasso arrêtés: des «professionnels» du marché noir
Mots clés : Brigade de répression du banditisme, Picasso, Art, Justice, France (pays)
Paris -- Trois hommes arrêtés mardi à Paris en possession de deux tableaux majeurs et d'un dessin de Picasso dérobés en février à Paris ont été décrits par la police comme des «professionnels» oeuvrant sur le marché noir de l'art qui voulaient vendre ces oeuvres à prix cassé.
Le vol des deux tableaux et d'un dessin avait eu lieu dans le vaste hôtel particulier parisien de Diana Widmaier-Picasso, la petite-fille du peintre, dans la nuit du 26 au 27 février.
Les voleurs étaient repartis avec deux huiles sur toile, Maya à la poupée et au cheval de bois, datée du 22 janvier 1938, et Portrait de Jacqueline, seconde épouse de Picasso, du 11 février 1961, ainsi qu'un dessin, Marie-Thérèse à 21 ans.
Ces trois hommes, âgés de 45 à 60 ans, «sont des professionnels du vol et du recel», oeuvrant dans le marché noir de l'art, a précisé Loïc Garnier, chef de la Brigade de répression du banditisme (BRB).
«Leur but était bien entendu de les vendre à un prix bien inférieur à la cote officielle. Deux des trois objets volés sont des oeuvres majeures de Picasso, donc très facilement identifiables», a rappelé le commissaire.
Les oeuvres volées étaient réputées invendables sur le marché de l'art en raison de leur notoriété.
Les trois hommes doivent être déférés prochainement devant la justice.
L'enquête s'est accélérée il y a un mois quand un marchand européen a prévenu les services français qu'un homme avait proposé à la vente à Bruxelles, sous son véritable nom, un bronze d'un artiste de renom volé début juillet à Paris, a raconté le lieutenant-colonel Pierre Tabel, chef de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC).
Les enquêteurs ont alors découvert qu'il «était en cheville avec deux hommes très défavorablement connus, dont un "casseur notoire"».
Quand deux des trois complices ont été repérés dans le quartier chic du XVIe arrondissement de Paris, transportant des tubes, les enquêteurs sont intervenus. «Nous n'avons pas voulu prendre quelque risque que ce soit de voir disparaître les oeuvres. Donc, dès que nous avons eu la quasi-certitude qu'elles étaient là, nous les avons interpellés», a expliqué le commissaire Garnier.
«Les oeuvres sont globalement en bon état», a dit Loïc Garnier, faisant toutefois état de «quelques dégradations» parce que les toiles ont été roulées trop serré et du mauvais côté, c'est-à-dire la peinture à l'intérieur.
Si le Portrait de Jacqueline ne présente que des marques sur l'enduit et peut être facilement restauré, Maya à la poupée et au cheval de bois a été un peu plus maltraitée: de la peinture est craquelée et la toile a été grossièrement déclouée.
«Une telle atteinte aux oeuvres d'art est synonyme d'ignorance et de bêtise: ce sont tout de même des pièces uniques!», s'est désolé Bernard Darties, chef adjoint de l'OCBC.
Cette affaire n'est pas pour autant terminée: d'autres objets d'art ont été retrouvés dans la planque des malfaiteurs présumés, dont l'inventaire est en cours.

