Vivre à deux pour vivre plus vieux
Mots clés : longévité, couple, espérance de vie, France (pays)
Une étude française démontre que la vie en couple favorise la longévité

Photo: Agence Reuters
En revanche, entre 40 et 50 ans, le taux de mortalité de ceux qui ne vivent pas en couple est de deux à trois fois plus élevé que pour les autres. L'écart diminue ensuite au fur et à mesure de l'avancée en âge.
L'INSEE constate aussi qu'à tout âge une séparation ou le décès du conjoint s'accompagne d'une surmortalité à laquelle les femmes semblent mieux résister. Cependant, la remise en couple, que ce soit après un décès ou une rupture, replace l'individu dans un cadre aussi favorable que ceux qui n'ont connu qu'une seule union.
La précocité des décès de ceux qui n'ont jamais vécu en couple résulte souvent d'une conjonction de facteurs de santé, sociaux et professionnels défavorables (mauvais état de santé, exclusion du marché du travail, conditions de vie précaires... ) qui joue sur leur difficulté à fonder un foyer.
Milieux favorisés
Pour les femmes, d'autres caractéristiques entrent en jeu. Celles qui n'ont jamais été en couple appartiennent en effet plus souvent à des milieux sociaux plus favorisés (cadres et professions intellectuelles supérieures) qui ont un effet protecteur.
Par ailleurs, la surmortalité liée au choc suivant une séparation ou le décès du conjoint est légèrement plus élevée pour les hommes que pour les femmes, surtout aux âges les plus jeunes (entre 40 et 70 ans). En cas de rupture, les employées et les ouvrières non diplômées courent un risque de décéder supérieur à celui des femmes cadres (1,7 fois plus), alors qu'il n'y a pratiquement pas de différence pour les femmes vivant en couple.
L'étude remarque enfin que les hommes et les femmes qui ont eu deux enfants ont un risque moindre de mortalité. Des explications biologiques et médicales sont souvent avancées: les femmes qui ont des problèmes de santé particuliers n'ont pas d'enfant, ou peu. À l'inverse, la multiplication des grossesses fragiliserait l'état de santé des mères de famille nombreuse.
Ces explications sont sans doute partielles, car elles ne sont pas valables pour les hommes, qui sont pourtant concernés par ce phénomène. L'effet du nombre d'enfants sur le risque de décéder pourrait refléter l'équilibre trouvé entre les coûts d'une descendance en efforts humains et financiers et ses bénéfices sur l'espérance de vie. À cela peuvent s'ajouter des conduites moins risquées et une meilleure intégration sociale.
L'étude de l'INSEE s'appuie sur le suivi de 98 100 femmes et 73 100 hommes nés en France et ayant de 40 à 90 ans en 1999. Les décès pris en compte pour le calcul des risques de mortalité couvrent les années 1999 à 2004.

