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Pourquoi ne pas en profiter pour améliorer la fonctionnalité de l'échangeur?
Il y a aussi des livreurs, parce que si l'utilisateur de l'autobus veut obtenir ce qu'il y a de mieux dans des commerces situés à proximité de sa demeure, il ne doit pas oublier que ce qu'il y a de mieux doit y être livré! Et les livraisons ne se font pas par miracle! C'est ainsi que plus de trois-quart de milliard de dollars sont perdus dans l'économie du grand Montréal, à cause des retards engendrés par les bouchons de circulation. Si le réseau routier supérieur du grand Montréal était dûment complété, il y aurait probablement beaucoup moins de pertes de temps à cause des bouchons, parce que tout le trafic en transit pourrait vraiment contourner l'île, laissant des tonnes de gaz à effet de serre autour de Montréal, et non dedans. Sans compter tout l'espace gagné sur les routes elles-mêmes, facilitant la circulation.
Dans cet ordre d'idées, la reconstruction complète de l'échangeur Turcot est une occasion formidable d'améliorer la fonctionnalité de cette plaque tournante de la circulation régionale. Quand l'autoroute Décarie fut planifiée, par exemple, on y calculait une circulation totale maximale de 90,000 véhicules par jour, en comptant les six voies en dépression ainsi que les voies de surface. Selon des chiffres qui datent du début des années 2000, c'est plutôt 120,000 véhicules par jour qui l'utilisent, et ce seulement sur les voies en dépression. Aussi, si l'on chiffre actuellement le nombre de véhicules utilisant l'échangeur Turcot à 280,000, pourquoi ne pas en profiter pour le concevoir en fonction du double? D'aucuns diront que c'est totalement démesuré, mais 120,000 véhicules par jour sur les seules voies rapides de Décarie n'était-il pas totalement démesuré, dans les années 1960?
Compte tenu de la situation financière actuelle de l'état québécois, c'est très bien de réduire le nombre de structures surélevées. Cela réduira les coûts d'entretien. Mais il faudrait également songer à construire l'ouvrage en fonction d'un taux de charge des véhicules - des camions en particuliers - plus élevé que le taux actuel. Après tout, si les structures actuelles tombent en ruines, n'est-ce pas parce qu'on avait calculé un usage autre - lire beaucoup moins intensif - que celui fait actuellement? Les exemples de structures qui ne tiennent pas le coup se multiplient; cela devrait nous faire réfléchir sur l'avenir de nos infrastructures. Car le jour où le pont tombe, les autobus non plus ne peuvent y accéder!
