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Mea-culpa

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le lundi 06 août 2007 06:00



Avouer ses erreurs.
Pas facile! Encore moins pour ceux qui courtisent les électeurs.

Il est tellement plus facile de forger la réalité (sic)!
Mais la réalité est intangible, malgré le regard que chacun peut y poser, malgré la vision que chacun a de cette même réalité. Son apodicticité est incontournable, pourtant il y a tant de politiciens qui la nient, il y a tant de médias qui participent à cette négation!

À mon avis, on ne peut que féliciter M. Ignatieff, pour son mea-culpa. On va lui reprocher de ne pas être sincère, on va lui reprocher de jouer une carte politique. On analysera ses propos en les retournant dans tous les sens et la réalité deviendra encore une fois secondaire.

La réalité, c'est que M. Ignatieff, peu importe ses intentions calculées ou sincères, a raison. La guerre d'Irak, enclenchée pour des motifs mensongers (des mensonges déjà oubliés), est un désastre, une catastrophe humaine.
La réalité, c'est que M. Ignatieff, avoue aujourd'hui que les millions de personnes qui sont descendues dans les rues pour manifester contre cette guerre, eh bien, ces millions de personnes avaient raison. Personne ne les a écoutés, la guerre a eu lieu et l'opinion de millions de personnes de ces pays démocratiques (sic) a été bafouée, pratiquement ridiculisée. Ces millions de personnes ont fait la manchette une petite journée puis furent rapidement oubliés, les médias étant trop pressés de se faire le porte-voix de ces manipulateurs d'opinions que sont ces administrations tordues qui se foutent des droits humains, qui se foutent de la souffrance, de la vérité et de l'opinion de leur population. Des administrations tordues qui se gargarisent de démocratie, mais qui ne bronchent pas devant le déferlement de millions de manifestants opposés à leurs décisions. La démocratie!

Selon M. Ignatieff, le politicien doit "Avoir le «sens de la réalité», être capable de percevoir le monde tel qu'il est".
Je crois que tout le monde s'entend pour dire que ce voeu est plus que pieux!
Le propre d'un politicien est d'altérer la réalité pour parvenir à ses fins.
C'est cependant, le devoir des médias, le devoir des journalistes de bien rapporter la réalité. C'est le devoir des journalistes de confronter les discours avec la réalité, c'est le devoir des médias d'opposer la description de la réalité avec la photo de celle-ci.

Lorsque le président Bush dit que tout va bien en Irak, c'est le temps de mettre, dans la même ligne, le nombre de morts quotidien.
Lorsque l'on nous annonce la générosité pour l'aide humanitaire, il est temps de sortir les budgets accordés pour les armes et la guerre.

Comme M. Ignatieff dit: la politique c'est du théâtre. Il faudrait que les professionnels de l'information s'en rendent compte. On doit attendre le texte d'un politicien pour que les éditoriaux glissent vers la perception de la réalité.
On nous dit que l'information est la première victime en temps de guerre, un peu comme pour se déculpabiliser de participer par la suite à la propagande qu'on nous sert.

Des millions de personnes défilant dans les rues, se doutaient bien que les armes de destruction massive n'existaient pas. Pourtant, à ce moment, pas un quotidien ne remettait en question ce mensonge. On sautait sur les preuves que Powell présentait à l'ONU comme un chien saute sur un os et on dénigrait les propos "honnête" de Dominique De Villepin.
On titrait que la France bloquait l'ONU et pourtant la France ne faisait qu'éclairer la réalité.

Aujourd'hui, Ignatieff, avoue s'être trompé. Il met en lumière le jeu politique, c'est devenu son milieu, son domaine. Il nous offre une belle occasion pour nous questionner sur "LA" réalité et l'image qu'on nous en offre. Il serait bon qu'on ne s'attarde pas trop sur le pourquoi des propos de M. Ignatieff, ce ne sont que des mots dont on peut associer toutes sortes d'intentions, mais que ces propos servent plutôt à éclairer "LA" réalité que des millions de personnes vivent présentement. Il est temps qu'on cesse de nous rapporter à pleine page les opinions de tout à chacun et qu'on nous expose, pleine page, "LA" réalité, juste des photos de la réalité. M. Ignatieff fait son mea-culpa, les médias devraient aussi en profiter pour en faire autant.

Ce quatrième pouvoir a permis, en partie, les atrocités qui se vivent au Moyen-Orient.


Serge Charbonneau
Québec

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