Pierre Lapointe avec l'Orchestre métropolitain - 200 000 par 200 000 rassemblés
Mots clés : FrancoFolies de Montréal, Pierre Lapointe, Orchestre symphonique de Montréal, Culture, Spectacle, Montréal

Photo: Pedro Ruiz
De toute façon, c’est la musique qui était intéressante. Les arrangements concoctés par Phlippe Brault, Marc Ouellet et Yannick Plamondon, cela s’entendait dès l’Ouverture, n’allaient pas être autrement qu’inventifs: on allait batifoler dans le baroque, dans le cinématographique aussi. Tout ça était un peu confus pour l’oreille, ou plutôt touffu, pour rester dans l’imagerie de la forêt, mille nuances se perdaient dans la transmission à trop forte puissance dans les amplis (ça sonnera mieux à la radio d’Espace Musique et à la télé de Radio-Canada le 12 août prochain), mais les arrangements n’étaient pas moins fascinants. Les extraordinaires chansons de Pierre Lapointe se prêtent décidément à tous les travestissements, et ces habits-là étaient à la fois étonnants et somptueux.
On avait certes par moments l’impression d’assister à une énième version de Pierre et le loup, mais à d’autres, surtout quand l’instrumentation électro-pop se mêlait le plus distinctement à l’orchestre, ça confinait au génie. N’empêche qu’en toute ironie, c’est seul au piano, chantant et jouant la superbe et tragique Plaisirs dénudés, que Pierre Lapointe remplissait le mieux l’espace, qu’il atteignait le plus directement les cœurs, jusqu’au fin fond de la forêt. J’ai quitté peu après pour écrire ces lignes. L’aventure ne faisait que commencer. Jusqu’où aura-t-elle mené Lapointe et ses quelque 70 compagnons? Loin, assurément, très loin. En chemin vers le journal, la question a surgi: après un tel sommet, où aller? Après ça, la lune.
Collaborateur du Devoir
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