Washington appelle la coalition irakienne à l'unité

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Reuters , AFP
Édition du lundi 06 août 2007

Mots clés : Violence, Samarra, Nouri al-Maliki, États-Unis (pays)

Le responsable des attentats de Samarra a été abattu

Washington perd de plus en patience à l'égard du gouvernement irakien, dont les dirigeants souhaitent tenir une réunion de crise cette semaine pour tenter de mettre fin aux querelles qui empoisonnent la coalition gouvernementale et compromettent la réconciliation nationale du pays ravagé par les violences. Le premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite, le président irakien Jalal Talabani, un Kurde, et le vice-président Adel Abdel Mahdi, un autre chiite, veulent faire revenir dans la fragile coalition les représentants sunnites, dont six ministres ont présenté mercredi dernier leur démission du gouvernement.

Leur réunion s'est déroulée en l'absence de l'autre vice-président, le sunnite Tarek al-Hachémi, et du président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, mais ils ont émis le souhait d'avoir des discussions dans les prochains jours avec toutes les parties.

Dans un signe d'ouverture, le premier ministre irakien a refusé hier la démission des six ministres du Front de la concorde nationale (sunnite) tout en promettant de répondre à leurs préoccupations.

«Nous sommes d'accord pour faire des efforts afin d'obtenir le soutien du Front et nous attaquer aux problèmes que nous pouvons résoudre, sans toutefois satisfaire l'ensemble de leurs exigences», a déclaré M. Maliki. Le chef du gouvernement avait souligné dès mercredi qu'il continuerait de dialoguer avec toutes les parties.

«Pour le moment, nous n'avons pas l'intention de changer notre position sur les démissions», a réagi un porte-parole du Front. «Il n'est pas nécessaire que nous fassions partie du gouvernement. La porte du dialogue est ouverte, même si nous sommes en dehors du gouvernement.»

Les six ministres issus du Front, principal bloc sunnite au Parlement avec 44 des 275 sièges, avaient annoncé mercredi qu'ils présentaient leur démission.

Des efforts supplémentaires

Hier, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a de son côté réitéré le soutien des États-Unis au gouvernement Maliki, tout en indiquant que des efforts supplémentaires étaient nécessaires.

«Nous avons été très clairs [...] nous pensons qu'ils doivent travailler encore plus dur», a-t-elle déclaré sur Fox News, ajoutant qu'il y avait «urgence à le faire».

Pour sa part, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a estimé sur la chaîne NBC News que les efforts de réconciliation nationale en Irak étaient «décevants».

Interrogé sur la nécessité d'une révision de la stratégie américaine si l'Irak n'adoptait pas les réformes nécessaires, il a répondu: «Je pense que nous devrons le faire.»

Il a dit avoir exhorté le Parlement à ne pas ajourner ses travaux tandis que les forces américaines combattent par une chaleur écrasante, faisant gagner du temps aux factions irakiennes pour qu'elles finissent par se mettre d'accord.

«J'ai dit: "chaque jour supplémentaire qu'on obtient pour vous, nous le payons avec du sang américain. L'idée même que vous partiez en vacances est inacceptable"», a-t-il déclaré.

Gates a jugé «possible» que les États-Unis commencent à réduire leurs effectifs avant la fin de l'année.

Environ 30 000 soldats supplémentaires ont été envoyés en Irak cette année pour permettre aux dirigeants irakiens d'aboutir à un règlement politique du conflit.

«Pour la première fois, le commandant [des forces américaines en Irak] a suffisamment de forces pour attaquer toutes leurs bases en même temps», a déclaré Gates sur NBC.

«C'est beaucoup plus difficile pour eux de s'enfuir. Nous en capturons et nous en tuons beaucoup et nous commençons à rétablir l'ordre dans les quartiers.»

Depuis l'invasion du pays en 2003, l'Irak est ravagé par des violences interconfessionnelles qui ont fait des dizaines de milliers de morts parmi la population.

Cette fin de semaine, quatre soldats américains sont morts, portant à 3665 le nombre total des militaires américains tués depuis l'invasion.

Succès américain

Par ailleurs, l'armée américaine a annoncé hier avoir tué le «cerveau» des deux attentats contre le mausolée de Samarra qui avaient déclenché une spirale de violences confessionnelles entre chiites et sunnites en Irak.

Haitham al-Badri, décrit par les Américains comme le chef de la branche irakienne d'al-Qaïda dans la province de Salaheddine, a été tué lors d'une opération, jeudi à l'est de Samarra (nord), selon une porte-parole militaire américaine.

Une patrouille de surveillance irakienne avait repéré un groupe de combattants préparant apparemment une embuscade et demandé un soutien aérien américain, a expliqué le porte-parole de l'armée américaine, le contre-amiral Mark Fox, au cours d'une conférence de presse à Bagdad.

Un hélicoptère a tué Badri, a précisé une autre porte-parole.

M. Fow a indiqué que Badri était «considéré comme le cerveau» de l'attaque de février 2006 et de celle du 13 juin dernier.

Haut lieu de pèlerinage, le mausolée chiite de Samarra, ville sunnite située à 120 km au nord de Bagdad, avait été dynamité le 22 février 2006. Son dôme en or, chef-d'oeuvre architectural vieux de 1200 ans, avait été détruit.

Cet attentat avait déclenché une flambée de violences confessionnelles.

En juin, l'édifice, qui abrite les tombes de deux des douze imams chiites, Ali al-Hadi (827-868) et Hassan al-Askari (845-872), a été victime d'un nouvel attentat, qui a détruit ses deux minarets.

Selon M. Fox, Badri était également impliqué dans un attentat à la bombe à Kirkouk (250 km au nord de Bagdad) en juin 2006, qui avait tué 20 Irakiens. Il était en outre soupçonné d'être l'auteur d'une attaque deux mois plus tard d'un poste de contrôle de l'armée irakienne, qui avait causé la mort de 29 soldats irakiens.


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