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La déréglementation: Pourquoi pas?
"Les consommateurs se retrouveront en quelque sorte dans un espèce de jardin d'acclimatation où ils n'auront plus vraiment le choix. Puisque toutes les compagnies dans ce domaine y auront vu plus leurs intérêts d'entreprises, en vases communiquants avec leurs investisseurs assoiffés de rendement, plutôt que ceux des consommateurs."
Qu'y a-t-il de vraiment nouveau, là-dedans? Si les consommateurs gagnent à voir la concurrence dans un domaine d'activités, c'est bien justement parce que les joueurs du secteur y voient leur intérêt d'entreprise. Après tout, une entreprise sans client n'est plus une entreprise. Aussi, les entreprises font tout en leur possible pour attirer les clients, de façon à augmenter leur marge de profits. Pour attirer la clientèle, l'entreprise doit offrir soit des tarifs plus bas, soit de nouveaux produits. Les anciens monopoles offriront probablement un amalgame des deux options, question de montrer qu'ils sont les meilleurs, tout en s'assurant la meilleure rentabilité possible. Les autres joueurs du milieu répondront par d'autres offres tout aussi alléchantes. C'est ce qui se passe dans la très grande majorité des domaines, alors pourquoi pas dans la téléphonie?
Regardons justement le "jardin d'acclimatation" des consommateurs dans divers domaines. En alimentation, ils ont le choix entre les groupes Sobeys (IGA), Loblaws (Maxi, Provigo) et Metro (Super C), ainsi que parmi une multitude de petits marchés spécialisés. Pourtant, il s'agit d'un domaine où la concurrence est très présente.
D'un autre côté, en transport en commun, les gens de Montréal, par exemple, ont le choix entre la STM, et... la STM! Résultat: À chaque négociation, les usagers craignent les conflits de travail, et la rupture des services. Si la concurrence était présente, les gens n'auraient pas peur des négociations à venir, et monteraient avec les concurrents disponibles. Sans compter que les concurrents pourraient offrir des tarifs pus économiques, n'étant pas aux prises avec les mêmes conventions collectives que la STM. Dans une telle situation, la STM demanderait certainement, elle aussi, une déréglementation.
Qu'un monopole soit gouvernemental ou privé, il demeure un monopole, et en ce sens, il est réglementé justement afin d'empêcher celui-ci d'imposer des tarifs trop élevés, qui n'ont rien en commun avec les services offerts. La plus belle preuve provient justement de la téléphonie, où depuis l'ouverture du marché des appels interrurbains, le coût d'un appel Montréal-Paris est plus bas maintenant que celui d'un appel Montréal-Joliette d'une durée équivalente avant l'ouverture du marché.
