Franchement, ce texte me rassure et me conforte au plus haut point car il justifie mon jovialisme niais et mes procrastinations récurrentes. Mais qu'est-ce qu'on fait maintenant? Et bien, il ne reste qu'à faire comme une certaine génération a déjà fait auparavant, aller "sur la route". C'est ce que je fais, mais je ne vous cacherai pas que je ne fais pas de l'auto-stop, que j'ai plus qu'un t-shirt, qu'une paire de jeans et qu'un petit baluchon. Aujourd'hui, on peut prendre l'avion pour 100.00$ entre Gõteborg et Malaga, apporter son ordinateur portable, son téléphone cellulaire avec soi et pouvoir se dire que l'apocalypse, si elle arrive, et bien qu'elle arrive. Moi je fais la vie de bohème qui ne nécessite pas de simplicité volontaire. Moi j'ai rien fait de mal. Je prends l'avion, je trouve le passage des douanes un peu ennuyant et frustrant, mais je sais que nos bons soldats sont en Afghanistan à me sauver de l'apocalypse et de Bin Labine, alors j'ai pris mon mal en patience en écoutant un peu de musique avec mon IPOD super cool.
Tellement facile de se déculpabiliser de la situation actuelle. Et voilà que je me retrouve à Ronda pour un mois, dans une ville où se mélange l'histoire arabe et romaine, le style gothique, classique et celui de la Renaissance, où les montagnes tout autour semblent me protéger du monde extérieur et finalement où un pont magnifique relit deux civilisations avec un grand vide au-dessous, mais un vide . Bref, la seule chose dont je n'avait pas de besoin, c'est bien des ondes d'Internet sans-fil autour de mon appartement. Enfin, ça m'aura convaincu de remettre ma soirée d'hier à ce soir et ainsi de suite... Manger des tapas, boire de la sangria et de l'Oloroso de Cadiz au prix de la Renaissance en me disant, demain ce sera peut-être l'apocalypse.