Harper à Terre-Neuve, d'une tempête à l'autre

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PC
Édition du samedi 04 et du dimanche 05 août 2007

Mots clés : Danny Williams, Stephen Harper, tempête tropicale, Gouvernement, Terre-Neuve et Labrador (province), Canada (Pays)

Le premier ministre du Canada se rend dans la province sans prévenir son homologue

Dunville -- Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, s'est rendu brièvement hier dans les régions touchées par une puissante tempête dans l'est de Terre-Neuve mais a créé une autre tempête en n'informant pas son homologue terre-neuvien, Danny Williams, de sa visite.

«Nous avons appris ce matin par les médias qu'il venait, a déploré M. Williams. Je suis déçu. Dans une situation d'urgence comme celle-là, la plus simple courtoisie demande un appel pour dire qu'on vient en visite. J'aurais pu me rendre sur les lieux avec lui.»

Conflit latent

Cet incident diplomatique s'ajoute au conflit latent qui oppose les deux hommes depuis plusieurs mois, qui est surtout alimenté par la dispute sur le partage des revenus des ressources naturelles au large de la province.

La presse n'a été mise au courant du bref séjour du premier ministre Harper à Terre-Neuve-et-Labrador qu'à deux heures d'avis. M. Harper s'est rendu à bord d'un hélicoptère de sauvetage Cormorant à Dunville, une petite municipalité de 2000 habitants sur la côte est de la baie Placentia frappée par la tempête tropicale Chantal.

«C'est très grave à certains endroits, mais la ville et tout le monde semblent prêts à réparer le tout», a dit M. Harper au St. John's Telegram après avoir rencontré des résidants dont la demeure a été endommagée par Chantal.

Quand on lui a demandé s'il allait rencontrer M. Williams, M. Harper a dit que son voyage à Terre-Neuve était une escale imprévue à un voyage déjà très chargé qui incluait des arrêts au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse la même journée.

M. Williams y a vu un affront délibéré.

Pas le seul

Les premiers ministres de la Nouvelle-Écosse et de la Saskatchewan, qui ont aussi maille à partir avec le premier ministre fédéral au sujet de la nouvelle formule de péréquation, ont aussi affirmé avoir été ignorés par M. Harper lors d'une visite dans leur province respective le mois

dernier.

M. Harper, qui est resté une heure à Terre-Neuve, a indiqué qu'un programme fédéral offrirait des paiements anticipés à ceux dont la demeure a été endommagée mais que ce serait à la province d'envoyer les factures à Ottawa.

Le maire de Placentia, Bill Hogan, a indiqué que le coût des dommages subis par sa seule région pourrait atteindre cinq millions de dollars.

Chantal avait perdu le statut de tempête tropicale quand elle a frappé Terre-Neuve, mais elle a tout de même laissé jusqu'à 200 millimètres de pluie à certains

endroits.

M. Harper a aussi dit qu'il s'était rendu dans la province parce que le député conservateur Fabian Manning, dont la circonscription, Avalon, a été touchée par la tempête, n'avait pu se rendre à la réunion du caucus à l'Île-du-Prince-Édouard.

«Fabian ne manque pas souvent les réunions du caucus, alors j'ai pensé venir et voir les dommages», a-t-il dit aux journalistes à Dunville.

La priorité aux citoyens

Dimitri Soudas, un porte-parole du premier ministre, a précisé que M. Harper n'avait pas contacté M. Williams parce que sa priorité était de rencontrer les citoyens.

Plus tôt, M. Williams avait laissé entendre que M. Harper a été lent à réagir après que Chantal eut frappé la province tôt mercredi.

«Le premier ministre était à seulement une heure et demie, mais je n'ai jamais reçu d'appel durant ces 72 heures, a-t-il dit. Ce serait bien, dans des situations comme celle-là, si les dirigeants, spécialement le premier ministre de ce pays, pouvaient surmonter leurs différends... parce que les maisons des gens sont emportées et que leurs vies sont emportées devant leurs yeux. C'est le moment où ils voudraient voir leur gouvernement les soutenir.»

M. Williams a ajouté que sa province attendait toujours l'argent fédéral promis à la suite d'inondations dans la région de Stephenville en septembre 2005.

M. Soudas a pour sa part dit qu'Ottawa attendait toujours des documents de la province à ce sujet.


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