19es FrancoFolies de Montréal - Émilie Simon - Valérie Leulliot - Antoine Gratton -Judi au 7e ciel - Ariane Moffatt - La moiteur, pour le pire et pour le meilleur
Mots clés : 19es FrancoFolies de Montréal, Émilie Simon, musique, Montréal

Jeudi, mon bonheur était ailleurs. En chemin vers le théâtre Maisonneuve, où Judi Richards s'offrait assurément un joyeux party avec Nanette, son Yvon (Deschamps!), Daniel Lavoie et ses chums de fille du temps de Toulouse, je n'ai pas pu faire autrement que m'arrêter devant le Complexe Desjardins: Antoine Gratton, version full band pour une fois, lui qui s'est démené tout seul dans les bars de Spa toutes les Francos belges durant (j'en témoigne), était déchaîné. Suer pour suer, il ruisselait de plaisir. Sa pop beatlesque était toute en muscles, puissante et spectaculaire: À l'aide, la «chanson que tout l'monde veut entendre», était entendue haut et fort par tout le monde: la moiteur ambiante devenait vecteur de courant électrique, et ça chauffait, bon sang, ça chauffait! Gratton a terminé la chanson à genoux, étirant la fin sur sa basse-violon pareille-comme-celle-de-McCartney-sauf-la-couleur.
Je l'ai laissé clapoter dans son bain. À la PdA, une rayonnante Judi achevait sa première partie dans la félicité de l'amitié: tout baignait pour elle aussi dans ce spectacle bon enfant et sympathique, le medley disco de Toulouse réuni, le duo avec Nanette, le petit numéro sur les anglos de chez nous, couronné par l'arrivée d'un Yvon Deschamps souverain. Résumons ainsi l'ambiance: tous les invités ont fait les choeurs pour Deschamps pendant Les Fesses, et le rideau est tombé sur tous les invités vus de derrière, montrant leurs derrières...
Dehors, la Catherine, déjà très pleine pour Gratton, s'était remplie à ras bord pour Ariane Moffatt. Le moment était symbolique: Ariane retrouvait la scène de son premier vrai spectacle remarqué et remarquable, cinq ans plus tôt. On était dans la même moiteur: elle s'en souvenait, on s'en souvenait. Belle coïncidence. Rien n'avait changé, sinon Ariane elle-même. Si elle avait peu quitté son piano en 2002, c'est le piano qui la suivait avant-hier: plus que mobile, bondissante, autant gymnaste que chanteuse, elle a transformé la place en immense discothèque. Il faisait encore chaud à 21h30, très chaud. Mais c'était surtout parce que tout le monde bougeait. En rythme. Vu de la terrasse du Hyatt, c'était d'un splendide synchronisme. Une communion. Dans le plus gros sauna en ville.
Collaborateur du Devoir
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