Mots clés : Emeline Michel, FrancoFolies de Montréal, Culture, Musique, Montréal, Québec (province)
Elle commande avec le sourire, chante avec tout son corps, danse africain, danse haïtien. Car avec elle, tous les ponts sont reconstruits. Elle serpente, ondule, tournoie sur elle-même, fait le chimi, toujours avec très grande classe. De son pays, elle parle positivement, à travers ces tambours qui n’arrêtent jamais et non pas la misère des gens.
La voix profonde, ample, souple, vibrante, plaintive, sensuelle ou simplement légère, Emeline Michel, peut-être la plus grande chanteuse d’Haïti et assurément la meilleure interprète, a accédé directement au soleil de plomb du ciel montréalais, livrant hier soir un concert lumineux empreint de plusieurs nouvelles chansons à l’enseigne d’une pop inspirée, chaloupée, syncopée. Quelques passages racines, mais pour l’essentiel, des pièces à la fois plus proche d’un konpa sans âge et de celles que l’on chanterait le plus spontanément du monde sous la tonnelle. Elle dit l’amour et la liberté, transmet l’espoir. Elle évoque ces femmes «qui élèvent le futur de nos pays», demande d’arrêter le racisme. Sans lourdeur. Respectueusement. Fièrement. Pour le concert, la «femme flanm» avait sorti ses airs des grands soirs, sa plus belle robe, son plus beau châle et son sourire flamboyant. Comme d’habitude!
Seul bémol, le première partie n’a duré que quarante-cinq minutes. Qu’importe, qu’attend-on pour l’inviter en salle la prochaine fois.