Concerts classiques - Simili-Kent et sa doudou
Mots clés : Spectacle, Mozart, Culture, Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, Québec (province)
Le week-end Beethoven avec la Deutsche Kammerphilharmonie à Lanaudière nous a enseigné qu’un concert ça s’écoute et ça se regarde. À cet égard, la soirée d’hier nous a valu «toute une performance», comme on dit dans les retransmissions sportives.
MOZART PLUS
Stravinski: Suite Pulcinella. Mozart: Concerto pour violon n° 3, Symphonie n° 41, «Jupiter». Renaud Capuçon (violon), Orchestre symphonique de Montréal, dir. Kent Nagano.
Salle Wilfrid-Pelletier, mercredi 1er août 2007.
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D’abord Kent Nagano entre avec des lunettes et un violon. C’est du moins ce qu’on observe, interloqué, de la corbeille. Confusion: c’est un nouvel aspirant au poste de premier violon qui partage avec notre chef la longueur et la couleur de la crinière. Notre simili-Kent s’appelle Gregory Ahss. Natif de Moscou, il a fait ses études en Israël et a été, nous dit-on, recommandé à Kent Nagano par Claudio Abbado. Ce qui prouve au moins qu’Abbado est un sacré farceur…
Je ne sais pas où ce Monsieur se croyait hier soir, mais le show qu’il nous a donné tient plus de Juste pour rire et des «Russofolies» que de Mozart Plus. Dans Stravinski, il est littéralement couché sur son violon, comme un enfant sur sa doudou. Dans les deux Mozart, il ondule comme une anguille, lance son pied gauche en l’air, se tortille, avance et recule sur son siège. Ou bien il a quelques tics gênants et disqualifiants, où il prend carrément ses collègues violonistes pour des larves qu’il convient de secouer.
Dans le concerto, le cirque se déroule en stéréophonie, puisque Renaud Capuçon puise dans des mouvements de flexion-extension les sources de son inspiration. Outre ces poses et un son assuré mais peu charmeur, sa prestation dans Mozart est musicale, énergique et articulée, avec un vrai sens du style et de belles cadences et liaisons.
De Pulcinella il n’y a rien de plus à dire que la première fois que Nagano l’avait programmé. Peut-être les spectateurs du Domaine Forget entendront des articulations, des accents qui se perdent à Wilfrid-Pelletier, mais j’en doute. La Serenata (beaux pizzicatos) et le Vivo (duo contrebasse et trombone) se sont améliorés. C’est tout.
Quant à la Symphonie Jupiter, Kent Nagano possède clairement la partition, qu’il aborde sous un angle pré-beethovénien. Son impact interprétatif majeur tient à la mise en valeur des cuivres dans la couleur orchestrale, à la différenciation des notes liées et piquées (admirable au début du Finale), et au creusement des nuances de l’Andante. Le chef observe si scrupuleusement les reprises que, dans les mouvements 2 et 4, on a l’impression qu’il en invente.
Par contre, puisque le placement de l’orchestre est dicté par des questions stylistiques, nous a-t-il dit récemment en entrevue, on se demande bien ce que les violons I et II font côte à côte…
Collaborateur du Devoir
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