Les soldats du Royal 22e Régiment en Afghanistan - Le général Laroche nie tout traitement de faveur envers les francophones
Mots clés : traitement de faveur, Guy Laroche, Royal 22e Régiment, Forces armées, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)

Photo: Pedro Ruiz
Aussitôt entré en fonction, le nouveau commandant a rejeté du revers de la main les allégations de traitement de faveur qui circulent à l'endroit des militaires francophones déployés en Afghanistan.
Déclaration ambiguë
La rumeur, qui a pris des proportions considérables au Canada anglais, tire son origine d'une déclaration ambiguë du ministre de la Défense nationale, Gordon O'Connor. Il y a un peu plus de deux semaines, ce dernier a affirmé dans une entrevue au réseau CTV que les soldats de la nouvelle cohorte, celle du Royal 22e Régiment, seraient plus ou moins mis en réserve, laissant aux militaires afghans le soin de livrer les combats.
Il n'en fallait pas davantage pour que certains concluent que le gouvernement de Stephen Harper avait tiré les ficelles pour mettre les soldats francophones à l'abri des combats, afin de ne pas enflammer au Québec le mouvement d'opposition à la mission en Afghanistan et éviter d'assumer le coût politique de la mort éventuelle de soldats québécois.
«Nous, nous recevons nos directives du chef de la défense nationale, le général Rick Hillier, et notre mandat est clair», a répliqué le commandant Laroche, sans mentionner le nom du ministre O'Connor. Il a ajouté que l'état de préparation de l'armée afghane ne permettait pas d'envisager, du moins dans un horizon de six à huit mois, une «mise en réserve» des soldats canadiens.
Les mêmes périls
Par conséquent, les militaires du Royal 22e Régiment feront face aux mêmes périls que leurs compatriotes qui les ont précédés sur le sol afghan, a fait comprendre le brigadier-général.
«Il n'y aura pas de différence, au moins dans les premiers temps. Essentiellement, on n'en est pas encore là [à confier le front à l'armée afghane]», a souligné le commandant Laroche.
Avec deux bataillons d'infanterie -- environ 1200 hommes --, l'armée afghane n'est pas en mesure de prendre le relais dans les situations de combat.
En ce qui concerne la police nationale, sur laquelle compte la communauté internationale pour assurer un minimum de sécurité dans les communautés, la situation est encore plus troublante. Le recrutement est difficile et la formation des recrues, dans plusieurs secteurs du pays, est à l'avenant.
Le problème découle du fait que les Afghans «ne savent pas ce qu'est la police», a mentionné le brigadier-général, conscient que la sécurité ne pourra jamais être assurée dans le pays sans une force constabulaire intègre, respectée et pouvant imposer son autorité.
«Pendant des années, il n'y a pas eu de police, alors les candidats au recrutement ne savent pas ce que font les policiers. Il faut les accompagner, rester près d'eux et essayer de les guider», a-t-il dit.
Guy Laroche est le troisième général à prendre les commandes de la mission canadienne en Afghanistan depuis le premier déploiement en 2002. Il succède à David Fraser et Tim Grant, lequel a été promu major-général au cours de la cérémonie marquant le transfert du commandement. Ce dernier a reçu son insigne des mains du lieutenant-général Michel Gauthier, commandant de la force expéditionnaire du Canada.
Parmi les personnalités présentes à la cérémonie figuraient le ministre afghan du Relèvement et du Développement rural, Ehsan Zia, le gouverneur de la province de Kandahar, Asadullah Khalid, et l'ambassadeur du Canada à Kaboul, Arif Lalani.
«Il est difficile de retourner chez soi sachant que des camarades ne nous raccompagnent pas», a mentionné, dans une courte allocution, le major-général Grant. Il faisait allusion aux soldats -- 22 au cours des six derniers mois -- qui ont péri sous sa gouverne.
Depuis 2002, 66 Canadiens, dont un diplomate, ont perdu la vie en Afghanistan.

