Climat - La fréquence des ouragans a plus que doublé en un siècle
Mots clés : réchauffement de la planète, ouragans, Climat, Désastre naturel, Amérique du nord (Région), États-Unis (pays)
Une étude établit une corrélation entre le nombre d'ouragans et le réchauffement de la Terre

Photo: Agence Reuters
Une réponse aux changements climatiques
Dans l'édition en ligne des Philosophical Transactions of the Royal Society, deux chercheurs américains, Greg J. Holland (Centre national de recherche atmosphérique de Boulder, Colorado) et Peter J. Webster (Institut de technologie d'Atlanta, Géorgie) se montrent plus affirmatifs. Selon eux, «le niveau actuel de l'activité cyclonique dans l'Atlantique Nord constitue pour une large part une réponse au changement climatique d'origine anthropique».
Les auteurs ont recensé tous les épisodes cycloniques répertoriés depuis un siècle, de façon plus exhaustive depuis la mise en place, en 1944, de la surveillance aérienne et celle, à la fin des années 1960, des observations satellitaires. Ils mettent en évidence la succession de trois régimes climatiques, entre lesquels la fréquence des cyclones a brutalement progressé, chaque fois, de 50 %.
Courbe ascendante
De 1905 à 1930, on décompte une moyenne annuelle de six événements cycloniques, dont quatre ouragans. De 1931 à 1994, les chiffres montent respectivement à dix et cinq. De 1995 à 2005, enfin, ils grimpent à quinze et huit. Or, relèvent les scientifiques, la température de surface de l'océan s'est élevée d'environ 0,4 °C entre la première et la deuxième période, et d'autant entre la deuxième et la troisième, soit de 0,8 °C au total. Ce qui équivaut à un épisode cyclonique de plus par an par dixième de degré supplémentaire et à un ouragan pour deux dixièmes de degré.
Les chercheurs en concluent que, d'un point de vue statistique, «il existe une relation forte entre les températures océaniques et l'activité cyclonique». Curieusement, rapportée au nombre total d'ouragans, la proportion d'événements extrêmement violents (de catégorie 3 à 5) ne suit pas la même courbe ascendante mais semble régie par «des oscillations internes au système
climatique».
Contredisant en apparence cette étude, l'année 2006 a été marquée par une activité cyclonique relativement faible. La raison en est la conjugaison des phénomènes La Niña et El Niño, qui, engendrant dans l'Atlantique Nord des alizés plus forts que la normale, ont évacué une partie de la chaleur de l'océan nécessaire à la formation des cyclones.
Mais, pour le futur, les chercheurs estiment qu'une hausse de 1 à 2 °C de la température des eaux au cours du prochain demi-siècle pourrait se traduire par une moyenne de 20 à 25 événements cycloniques par an, dont 10 à 15 ouragans.

