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L'eau à la bouche
C'est bien le Montréal aux mille saveurs que nous aimons, celui des expérimentations culinaires/gustatives que les Québ' ont paraît-il découvert lors d'EXPO 67. Avant la démocratisation des moyens de transport aérien et l'appel du large.
OUVERTURES. L'épicerie du coin comme lieu propice à la rencontre, au dialogue, aux découvertes.
Derrière ces étals et ces produits aux noms et usages parfois abstraits, c'est bien un lien social qui perdure pour les communautés culturelles et leurs regroupements (Brésil-Portugal, Asie, Latinos, Caraïbe, etc.).
Des territoires eux-mêmes intrinséquement métissés et en rien fermés/repliés sur eux-même. Pas de ghéttoïsation à outrance : la consommation de Coca-cola, de McDo, etc. jouxtent les traditions culinaires d'un ailleurs comme une Madeleine improbable, comme un rituel religieux "soft".
INVITATION. Comme vous, suffit d'y entrer et de poser les questions. Jamais je n'ai été rabroué. Sortir des fast-food aux accents pseudo-exotiques dénaturés (faux rouleaux mexicains, Samousa tout mous, mets-sauces-crèmes sous-vides à prix élevés, etc.) de nos supermarchés aseptisés pour rendre visite chez nos grands et petits marchés Adonis aux quatre coins de la Métropole.
SOLUTION. Les papilles allumées sont une invite au dialogue.
DÉCODAGE. Des reportages sur le foot et autres sports intercommunautés, sur les films-musiques transnationaux et leur mode de distribution, sur des grandes et petites réussites devraient "alimenter" plus souvent qu'autrement dans les pages de notre Devoir.
Emmanuel Galland
