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jean-philippe baillargeon
Envoyé Le mardi 31 juillet 2007 10:00



On n'apprend pas ici, au Québec, à dialoguer, à débattre, c'est pourquoi les gens ont une voix discordante sont pris pour des chiâleux.

Ce qu'on réussit bien mieux ici, c'est la polarisation, l'opposition: Pour ou Contre
- le fédéralisme
- la souveraineté
- la croissance économique
- l'environnement
- la paix sociale
- le conservatisme

C'est pourquoi dans les rencontres familiales, on évite les discussions qui causerait des remous autour de sujets tels que les élections, la situation économique des uns et des autres, les objectifs communs et les façons de s'y rendre.

On a de belles valeurs dans les sondages, on est pacifistes, on souhaite le retrait des troupes canadiennes en Afghanistant plus que les autres provinces, on a des positions pro-environnementales, mais pourquoi quand il s'agit de passer de la voix au geste on se trouve face à une autre réalité?

On n'accepte pas la divergeance d'opinion, ça met en périle les relations. Si je me prononce en faveur d'un renouveau du syndicalisme, de l'agriculture, de l'intégration des valeurs environementales (voire écologistes) dans la vie de tous les jours... si j'exprime une quelconque pensée divergeante des gens qui m'entourent et qui m'apprécient, je risque qu'on m'apprécie moins parce que je me différencie du groupe. Je risque de devenir responsable d'un malaise menant à mon isolement. Alors je me tais. Et si moi je me tais, tais-toi donc! Préserve ta relation avec les autres au lieu de la mettre en péril avec des idées divergeantes! Garde ça pour tes groupes d'affinités, les gens à qui tu ressembles et que tu ne déranges pas avec tes mots!

On a tellement peu de chose qui nous relie entre nous, faisons en sorte d'être semblables et unanimes autour de consensus... mais bordel! D'où vient donc cette culture du mépris de soi et des autres.

Si le Québec a réussit une certaine laïcisation, si on a admis que l'éducation amènerait les francophones à être autre chose que des bras, si on a commencer, dans les années 1970, à questionner un mode de production qui devient nuisible à la santé humaine par la pollution de l'eau... il me semble que c'est en discutant de tout ça, en remettant en question des principes, non?

Maintenant qu'on n'est plus capable de discuter et de débattre pour s'unir à nouveau autour de projets communs, on doit avoir les moyens de se payer l'accès à la justice. Soit, on se regroupe parmi nos semblables. Mais, si on a le maleur d'avoir un poids économique plus faible par l'avoir qu'on trouve dans nos poches, si notre vision se porte trop loin dans l'univers des profits immédiats des actionnaires qui ont le clic facile... SLAPP!

Le développement durable, s'il est un jour reconnu dans sa totalité devra permettre à tous d'y participer.

Notre culture en sera par le fait même grandie. C'est juste plate qu'on commence à l'envers, des projets de société vers la famille!!!

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