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Tout ce branle-bas en Afghanistan
Il est heureux de voir tant de monde en même temps affirmer ces valeurs d'entre-aide entre les peuples. Mais il y a un hic : ça ressemble tout à coup à cet intérêt accéléré pour la cause de l'égalité des femmes autour de l'affaire des accomodements raisonnables.
C'est trop tard, trop peu et hypocritement supposé favorable aux Afhghan-ne-s. La solidarité internationale est autre chose, déterminée au tout début de cet engagement il y a longtemps. Entre autre elle s'identifie à la promotion d'une intervention pacifique et en respectant l'indépendance des peuples, leur autodétermination.
Les coopérant-e-s et ONG qui participent à l'opération de camouflage d'une occupation armée se trompent lourdement. Même en y sauvant les centre-villes menacés. Ils-elles font le jeu d'une opération guerrière impérialiste.
Pendant ce temps notre Premier Ministre va cautionner l'assasinnat de syndicalistes en Colombie et avoue devant le monde entier que les affaires passent avant la défense des droits humains.
J'en suis presque venu à un appui à ces positions : que les armes parlent. Qu'elles tranchent les conflits politiques d'une manière qui pourrait bien marquer un autre genre d'évolution que le monde a connu lors de la longue et courageuse lutte contre le colonialisme d'après guerre des peuples du Tiers-Monde. On n'en a pas encore fait le constat en haut lieu (à moins que l'on ait cyniquement fait le calcul d'une possible guerre à gagner), mais il y a maintenant des peuples libres qui se défendent contre ce nouveau monstre né du 11 septembre : la justification ou l'amalgame entre guerre de conquête et solidarité internationale. Déjà Reagan manifestait sa crainte des "votes automatiques" à lONU. Une majorité de l'humanité pauvre s'y manifestait pour dire "non". C'était le début d'un apprenrissage qui les amènera à dire "oui" à la solidarité Sud-Sud à laquelle Cuba n'aura pas fourni une mince contribution. Le Venezuela suit en étendant même sa solidarité aux pauvres des États-Unis auxquels il a distribué du pétrole gratuitement pour passer à travers l'hiver de New-York.
L'ignorance ou la cynique politique de maitien d'un statut quo mondial, de plus en plus militarisé, face à la pauvreté et la décrépitude de ces peuples qu'on tentent de "développer" sans leur concentement, mais les armes à la main, ne pourra indéfiniment se cacher sous l'étiquette d'un humanisme, que l'on trahi de toute façon, pour y substituer une nouvelle agressivité contre les insoumis du monde.
Oui, devant le choix d'être "avec vous ou contre vous", M. Bush, les peuples pourraient bien choisir de dire encore "non" et déployer un mouvement anti-impérialiste encore plus large, maintenant que l'ambïgu "soutien" de l'URRS n'existe plus. Les bourgeoisies compradores (ou collaboratrices) vacillent sur leur socle ou en tout cas se compromettent à ce point avec la cible des luttes qu'elles y perdront encore des plumes.
La solidarité internationale authentique y trouvera une nouvelle jeunesse et s'enseignera désormais dans les écoles du Tiers-Monde comme l'histoire des luttes, pacifiques ou non, qui continueront à changer le monde dans le sens qu'il devienne plus vivable pour la majorité.
