FMI: seul en lice, Strauss-Kahn entame sa campagne
Mots clés : FMI, Dominique Strauss-Kahn, Économie, Union européenne (UE)

Photo: Agence France-Presse
«J'ai voulu les écouter, entendre quelles étaient leurs conceptions du Fonds et les difficultés auxquelles il fait face», a-t-il ajouté: «je pense qu'eux-mêmes ont été intéressés par cette discussion».
«Dominique Strauss-Kahn est un candidat solide et j'ai hâte de poursuivre le dialogue avec mes homologues [gouverneurs] du Fonds sur le processus de sélection [du prochain directeur général du FMI] qui aboutira cet automne», a pour sa part indiqué M. Paulson.
Lors de son passage à Washington, le candidat français devait également rencontrer le président de la Banque mondiale Robert Zoellick, le président de la banque centrale américaine (Fed) Ben Bernanke, et des conseillers du président George W. Bush, a-t-on appris de source diplomatique.
M. Strauss-Kahn est jusqu'à maintenant le seul candidat à avoir postulé à la succession de l'Espagnol Rodrigo Rato qui a annoncé fin juin qu'il quitterait ses fonctions à la fin octobre, avant le terme prévu de son mandat en 2009. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 31 août.
Au terme d'une règle non écrite, l'Europe désigne le directeur général du FMI tandis que les États-Unis choisissent le président de la Banque mondiale.
Plusieurs nations, notamment les pays émergents, réclament toutefois l'abolition de cette règle et le droit de prendre à leur tour la tête de l'organisation dont ils sont aujourd'hui, avec les pays en développement, les principaux clients. Le «G24», qui regroupe les principaux pays en développement, a rappelé cette semaine ses réserves sur la nomination d'un directeur choisi par les Européens et demandé aux pays riches de s'engager clairement en faveur d'un processus de sélection ouvert.
Conscient de cette difficulté, M. Strauss-Kahn a pris soin d'indiquer mi-juillet qu'il souhaitait être «choisi sur la base de ses mérites propres» et annoncé une tournée de capitales pour convaincre du «bien-fondé» de sa candidature. «Il n'y a pas de raison en effet que se poursuive encore longtemps cette sorte de "gentleman agreement" entre les États-Unis et l'Europe», a-t-il dit hier à l'AFP: «mais, d'un autre côté, cela ne veut pas dire non plus qu'il est interdit pour un Européen d'être candidat».
Nicolas Sarkozy, qui a affirmé être «en contact quotidiennement» avec M. Strauss-Kahn, a déclaré qu'il envisageait de se rendre au Brésil pour soutenir sa candidature.
Après Washington, M. Strauss-Kahn entamera une vaste tournée dans les pays concernés.
«À partir d'aujourd'hui, je vais en Afrique du Sud, au Brésil, en Inde, en Chine, en Arabe saoudite, au Japon, en Corée, au Mexique... Parce qu'il faut convaincre de la validité de la candidature qui est la mienne», a-t-il dit hier à l'AFP.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade a déjà apporté son soutien à la candidature de Dominique Strauss-Kahn. «C'est d'abord le candidat de la France», a-t-il expliqué, lors d'une conférence de presse conjointe avec Nicolas Sarkozy, jeudi à Dakar: «nous connaissons ses compétences, son ouverture. Nous pensons qu'il sera très attentif aux problèmes du tiers-monde et en particulier aux problèmes de l'Afrique».

