Le Devoir - Historique

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Devoir Le
Édition du samedi 28 et du dimanche 29 juillet 2007

Mots clés : prison de Sing-Sing, Ethel Rosenberg, Histoires, Média, États-Unis (pays)

20 juin 1953 - Les Rosenberg ont été exécutés Ils meurent, électrocutés, à dix minutes d'intervalle

Ethel et Julius Rosenberg sont morts hier soir sur la chaise électrique à la prison de Sing-Sing.

Photo: Agence France-Presse

Ossining, N.Y., 20 (P. A.) - Les espions Julius et Ethel Rosenberg sont morts hier soir sur la chaise électrique à la prison de Sing-Sing.

Julius Rosenberg est mort le premier. Il a été déclaré mort à 8 h. 06 p.m., h.a.e.

Ethel Rosenberg a suivi son mari et fut déclarée morte à 8 h. 16 p.m.

Ni l'un ni l'autre n'ont fait de déclaration avant de mourir.

Ce sont les premiers civils dans l'histoire américaine à être exécutés pour espionnage. Ils ont été trouvés coupables d'avoir livré des secrets atomiques américains à la Russie.

Les électrocutions ont eu lieu après un sursis de 24 heures rempli d'attente pendant lequel la Cour suprême a étudié pour rejeter un cinquième appel de la condamnation.

Julius est mort après trois chocs. Il a été installé sur la chaise à 8 h. 04. On l'a déclaré mort 2 minutes plus tard.

Pour sa femme, cependant, il a fallu cinq décharges électriques et sa mort n'a été confirmée que 4 minutes et demie plus tard.

Les deux époux sont morts au lendemain de leur 14e anniversaire de mariage et quelques minutes avant le début du sabbat hébreu.

En rentrant dans la chambre de la mort, Mme Rosenberg était accompagnée de Mme Helen Evans matrone de la prison.

Mme Rosenberg se tourna juste avant de s'asseoir sur la chaise électrique, attira Mme Evans et elles s'embrassèrent.

La matrone était visiblement émue. Elle se retourna rapidement et quitta la chambre.

Aucune émotion

Les Rosenberg n'ont manifesté aucune émotion.

A 8 heures, on put entendre la voix du rabbin Irving Koslowe dans le corridor conduisant à la chambre de la mort.

Il entonna le 23e psaume: «Le Seigneur est mon pasteur; je ne manquerai de rien.»

«Bien que je marche dans l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal.»

Rosenberg, portant un pantalon brun foncé et une chemise blanche et des pantoufles, suivait le rabbin. Il marchait d'un pas ferme.

Sans ses verres, il avait l'air de regarder fixement sans reconnaître personne dans la salle.

On lui a couvert le visage du masque de cuir pour ensuite lui poser le casque sur la tête et lui attacher les électrodes à la jambe droite.

L'espion condamné est demeuré assis calmement en attendant la décharge électrique qui causerait sa fin.

La mort de Julius

Dans une alcôve située près de la chambre de la mort, Joseph Francell, le bourreau, attendait le signal.

Lorsqu'il fut donné, on entendit un crépitement et un murmure dans la chambre, dans laquelle on ne pouvait discerner aucun autre bruit.

La poitrine de Rosenberg se cambra fortement contre les courroies qui le retenaient. Il serra le poing.

Son cou et sa poitrine rougirent. Puis, il s'affaissa visiblement.

Le premier choc dura trois secondes. Les deux autres se prolongèrent durant 57 secondes chacun.

Chaque fois les courroies se tendaient pendant que son corps se pressait contre elles.

Puis, le son étrange, un mélange de murmure et de bourdonnement cessa dans la salle.

Deux médecins, les Drs H. W. Kipp et George McGracken s'avancèrent.

Ils déchirèrent la chemise de Rosenberg.

Les deux médecins appliquèrent des stéthoscopes et le Dr Kipp dit: «Je déclare que cet homme est mort.» [...]

Son corps fut placé sur une table d'hôpital blanche, munie de roues, et fut rapidement transporté en dehors de la chambre.

La mort d'Ethel

Un gardien ouvrit d'un pouce ou deux la porte conduisant à la chambre de la mort. Il regarda au dehors.

Un moment plus tard, on pouvait entendre de nouveau la voix basse du rabbin Koslowe.

Il s'avança lentement devant Mme Rosenberg. Il récitait les 15e et 31e psaumes.

Sa voix grave et mélodieuse chantait: «Qui séjournera dans ton tabernacle.»

Le rabbin s'écarta et Mme Rosenberg s'approcha de la chaise électrique. [...]

Mme Rosenberg portait une robe verte avec motifs blancs, à encolure ronde et à manches courtes. Elle portait également des pantoufles.

Elle s'assit calmement dans la chaise et se laissa tomber les bras sur les appuis.

Elle grimaça un peu quand le casque à électrode lui fut placé sur la tête.

Elle n'avait pas les cheveux rasés, mais tondus.

Les courroies furent alors attachées à la tête et à la poitrine.

Les électrodes furent attachées à la jambe droite. [...]

Il se passa de nouveau un moment qui parut bien long avant que le bourreau ne mette le courant.

On entendit une autre fois le bourdonnement.

Quand la décharge électrique l'atteignit, Mme Rosenberg sembla tirer fortement sur les courroies.

Ses mains, qui pendaient le long des appuis et étaient ouvertes, se fermèrent brusquement.

Comme son mari, elle reçut trois décharges électriques, de trois secondes, 57 secondes et 57 secondes.

Quand le courant fut coupé, elle s'affaissa dans la chaise, apparemment soutenue seulement par les courroies posées sur sa poitrine et sa tête.

De nouveau, les deux médecins s'approchèrent de la chaise avec leurs stéthoscopes.

De nouveau, on les entendit se consulter à voix basse cependant qu'ils promenaient leurs stéthoscopes sur la poitrine de la condamnée.

Puis ils murmurèrent quelques mots au gouverneur Wilfred Denno.

Les gardiens firent quelques pas et rajustèrent les courroies.

Le ronronnement du puissant courant électrique se fit entendre dans la chambre.

Les muscles de la femme semblèrent lutter une autre fois contre les courroies.

Elle reçut deux autres décharges. Puis les médecins la déclarèrent morte. [...]

Les exécutions ont eu lieu à cette heure spéciale pour être terminées avant le coucher du soleil, à 8h. 31, HAE, début du sabbat juif.

Le gouverneur a déclaré que les Rosenberg avait passé tout l'après-midi ensemble.

Ils se sont parlés à travers une grille dans l'aile des femmes de la maison de la mort de 1h. à 7h. 20 p.m. HAE.

On les sépara ensuite et on les prépara à la mort. [...]

***

18 juin 1953 - Les cours de préparation au mariage ont dix ans

-- On les considère comme un moyen de protéger les liens du mariage et de réduire le nombre de séparations et de divorces

Québec, 18. (P.C.) - Une idée, conçue il y a environ dix ans, par deux Pères de l'Université d'Ottawa, a donné naissance aux cours de préparation au mariage qui deviennent de plus en plus populaires dans le Québec.

Ces cours, qui traitent des problèmes matrimoniaux fondamentaux et sont destinés aux jeunes gens qui se destinent au mariage ont débuté en 1946 et, depuis lors, plus de 75,000 personnes les ont suivis pour atteindre ce que les autorités religieuses désignent comme étant des «résultats remarquables».

Les cours, en grande partie fondés sur les principes catholiques, se sont étendus à tout le Canada, aux Etats-Unis et dans les pays d'Europe. [...]

Ils ont trait aux problèmes matrimoniaux en général, à la psychologie féminine et masculine, à l'anatomie des deux sexes, au droit canon, aux lois civiles concernant le mariage, et aux problèmes financiers et autres auxquels doivent faire face les jeunes mariés.

Les cours sont donnés par des médecins, des avocats, des prêtres, des notaires et des experts financiers et économiques. [...]

Le Père Leonard Murphy, un ardent supporteur des cours et l'un de ses pionniers dans la ville de Québec, les a institués ici il y a quatre ans et pense que c'est tout simplement «merveilleux».

«Ils ont réellement eu de bons effets pour ceux qui les ont suivis ici», dit-il. Peu importe que la personne soit catholique ou non, le but des cours est d'aider quiconque envisage le mariage. [...]

Le Père Murphy dit que le but principal des cours est de préparer suffisamment la jeunesse afin que la vie mariale soit heureuse et «aussi idéale que possible».

Son opinion sur un mariage idéal? La voilà:

«Si, après 40 ans de mariage, vous voyez le même homme et la même femme s'en aller bras dessus bras dessous dans la rue, avec un éclair de joie dans les yeux, alors je puis dire que leur mariage a été idéal».

«Ce que les hommes doivent réaliser, dit le Père Murphy, lorsqu'ils se marient, et que trop souvent ils ne réalisent pas, c'est qu'ils épousent une femme, non un autre homme. Ils doivent essayer de comprendre leur compagne et étudier sa psychologie. La même chose s'applique à la femme.

«Si cela était mis en pratique les mariages seraient alors plus heureux et il y aurait moins de désunions familiales.

«Les cours de préparation au mariage essayent tout simplement de réussir cela».

***

23 juin 1953 - Inauguration de «La Roulotte»

C'est ce soir, à l'occasion du grand feu de bûcher de la Saint-Jean, que sera inaugurée officiellement au parc La Fontaine la Roulotte municipale. Les autorités municipales, et plus particulièrement le nouveau directeur des parcs et terrains de jeux, M. Claude Robillard, a voulu accorder à la Société Saint-Jean-Baptiste l'honneur d'inaugurer officiellement cette Roulotte de théâtre ambulant, à l'occasion de la traditionnelle manifestation du feu de bûcher de la Saint-Jean qui attire au parc La Fontaine, chaque année, plus de cent mille personnes.

Son Eminence le cardinal Léger a bien voulu accepter de bénir le bûcher et Son Honneur le maire Camillien Houde l'allumera vers les 10 h. [...]

***

23 juin 1953 - Le miracle possible

Collaboration spéciale au DEVOIR par le Dr Adrien Plouffe

Vous dites que «c'est votre affaire si vous voulez boire et manger à votre goût et que ça ne regarde pas une miette les hygiénistes».

C'est votre affaire! d'accord, mais c'est la nôtre aussi, irascible correspondant ! Tout ce qui touche à l'hygiène et à la médecine préventive est nôtre, à cause de la bonne influence que ces deux chapitres importants de la science médicale ont sur la santé.

C'est entendu, vous êtes un homme libre et vous avez la liberté de boire jusqu'à l'ivresse. Mais est-ce bien digne d'un être humain qui se pique d'être intelligent? Vous avez la liberté de boire quarante onces et plus d'alcool, par jour, si ça vous chante ! Mais est-ce que cela est conforme au sens de la mesure, au juste milieu et à l'élémentaire gros bon sens? Oui, vous êtes libre de vous plonger dans l'ivresse et dans l'alcoolisme, mais nous les hygiénistes, nous sommes libres de vous crier casse-cou ! Et en agissant ainsi, nous nous acquittons de notre devoir.

Quant aux abus de la table, vous vous vantez, car les gens qui boivent autant que vous ne mangent guère, d'ordinaire. Ils n'ont pas faim, ils se contentent d'avoir soif et d'étancher leur sempiternelle soif avec leurs libations alcoolisées! Buvez jusqu'à l'ivresse! Buvez, chaque jour, une ou deux bouteilles de whisky. Mais, je vous en prie, n'ayez pas la mauvaise grâce de vous en prendre ensuite à ceux qui ont le courage de vous rappeler à l'ordre.

Vous ne vous occupez plus de vos affaires et elles périclitent ! Vous ne vous occupez plus de votre famille qui souffre physiquement et moralement, à cause de votre intempérance dégoûtante ! Et devant cette faillite monumentale et devant le désarroi qui règne dans votre foyer, vous vous indignez parce que les disciples de Pasteur vous parlent le langage de la raison ! Allons donc ! Descendez de vos grands chevaux et si vous voulez continuer de vous abreuver à la source empoisonnée de l'abus du whisky, si vous voulez assister à la ruine de votre industrie et à la ruine de votre home, ne nous empêchez pas de le déplorer avec toutes les honnêtes gens. Nous sommes pour l'usage modéré de la boisson, mais à la condition expresse que vous sachiez boire. Or, entre nous, vous ne connaissez rien de rien en l'art de boire raisonnablement. La tempérance, la modération, la sobriété si vous préférez, n'est pas pour vous, pour vous qui êtes un ivrogne et un alcoolique.

Certes, vous êtes libre, mais quand on pratique la liberté jusqu'à la licence, c'est une faute, une faute grave, une faute impardonnable.

Et cependant, nous avons pitié de vous, mon pauvre ami, parce que vous êtes un malade, un cas authentique de pathologie.

Tout récemment -- je suis bien renseigné ! -- une crise de delirium tremens vous a transporté au pays des dragons et des serpents contre lesquels vous vous débattiez avec la rage d'un désespéré ! Ne croyez-vous pas qu'il est à peu près temps de sortir de l'esclavage morbide où l'abus de la boisson vous a conduit? Allez subir une cure de désintoxication et entrez ensuite dans une association antialcoolique, c'est ce que vous avez de mieux à faire !

Je sais que vous ne voulez pas entendre parler de prendre l'engagement solennel de ne plus boire. Avec vos cellules cérébrales imbibées d'alcool, empoisonnées par l'abus de l'alcool, vous n'êtes pas en état de tenir un engagement d'honneur, non, mais alors adressez-vous à l'Association des alcooliques anonymes dont la sollicitude éminemment humaine va vous entourer et vous réhabiliter. Des milliers d'ivrognes et d'alcooliques ont été sauvés par cette magnifique association; qu'est-ce que vous attendez pour essayer de redevenir un homme normal -- un homme?

N'hésitez pas ! Cessez de boire sur-le-champ ! Tout seul, vous êtes impuissant, mais une force au-dessus de vous peut vous aider à reprendre la route de la raison et du bon sens. Vous croyez encore en Dieu, alors, dans votre cas, les Alcooliques Anonymes pourront vous secourir, prêter main-forte à un frère ! Ils vous aideront à retrouver Dieu ! 150,000 anciens ivrognes ou anciens alcooliques sont là pour vous apprendre que votre salut est un miracle possible. Sachez redevenir un homme !

***

Adrien Plouffe


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