DJ Zebra: refaire l'histoire musicale à sa manière

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Étienne Côté-Paluck
Édition du vendredi 27 juillet 2007

Mots clés : FrancoFolies de Montréal, DJ Zebra, Spectacle, Musique, Montréal, France (pays)

«J'ai juste une question: il fait quel temps à Montréal en ce moment?» Le Français DJ Zebra entame la discussion et révèle d'emblée qu'il n'a jamais mis les pieds au Québec. Il fait beau soleil, 26-27 degrés dehors. «Ah, super! Je n'avais aucune idée de la température en été à Montréal, maintenant je ne prendrai pas mon anorak (rire)!»

Zebra n'est pas un simple DJ. Il est l'un des artistes les plus connus du monde du «mashup», ce genre aussi appelé «bastard-pop» et «bootleg» qui mélange deux ou plusieurs extraits de chansons différentes pour n'en former qu'une seule.

Le répertoire de DJ Zebra est très large. Sur la pièce Initials B(eastie) B(oys), une version instrumentale d'Initiales BB de Serge Gainsbourg impose le rythme pour les rappeurs new-yorkais Beastie Boys. Zebra a même poussé l'audace en réunissant certains groupes français tels Louise Attaque, Cali et Dionysos pour interpréter ses mashups sur scène.

«C'est le retournement de veste de la pop. Enfin, elle peut se baser sur ses acquis et se contempler. En tant qu'acteur de mashups, on est plutôt considéré comme des pirates de la pop. J'ai plutôt l'habitude de dire qu'on fouille les poubelles de la musique. C'est une phrase d'une chanson de Billy Ze Kick.» Zebra était bassiste dans ce groupe, dont la pièce Mangez-moi avait été un grand succès en France et au Québec en 1994. «Le mot "poubelles" n'est pas utilisé de manière péjorative, au contraire. On remue tout sans distinction de genre, de style ou d'époque. Tout est permis. Personne ne peut nous l'interdire parce que nous ne faisons pas partie de l'industrie du disque.»

Le repiquage existe depuis l'invention de l'enregistrement, que ce soit en hip-hop, en électronique ou dans les expérimentations de musique actuelle. Le phénomène mashup est plutôt particulier puisqu'il en fait carrément sa prémisse. Depuis quelques années, plusieurs radios anglaises tout d'abord, puis françaises et états-uniennes, se sont mises à diffuser ces musiques hybrides, bien qu'un mashup demeure encore à ce jour un travail illégal. Aucune permission n'est demandée au titulaire des droits d'une chanson.

«Ça n'appartient plus aux artistes. C'est ça qui est intéressant. Ces mélanges-là auraient dû être pensés et réalisés par les artistes ou les directeurs artistiques de maisons de disques. C'est là qu'on s'aperçoit qu'ils ont du retard: ils n'ont pas pensé à utiliser toutes les idées des "bootleggers" dans leurs propres productions.»

Après un succès d'estime auprès des journalistes, des milieux urbains branchés et sur MTV, qui avait sa propre émission dédiée au genre il y a trois ans, le phénomène a quitté les grands médias.

«Là où les journalistes pensent que ça s'est arrêté, c'est là où tout a véritablement commencé. Le circuit Internet est devenu primordial et a "supporté" le mouvement. Avant, les mashups s'arrêtaient au circuit DJ, c'était fait pour faire danser. Maintenant, c'est vraiment fait pour créer des rencontres entre des chansons. Ça sert à plein d'ambiances différentes. C'est beaucoup plus libre qu'avant.»

***

- DJ Zebra sera aux tables tournantes du Shag des FrancoFolies demain et dimanche à minuit (gratuit).

***

Collaborateur du Devoir


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com